(Rio de Janeiro) Plusieurs dizaines d’entreprises et d’ONG ont annoncé mardi une initiative commune pour aider les autorités brésiliennes à accélérer la vaccination contre la COVID-19, avec l’objectif ambitieux d’immuniser l’ensemble de la population « d’ici septembre ».

Agence France-Presse

Une véritable gageure dans un pays de 212 millions d’habitants où le virus a tué plus de 230 000 personnes.

Ce mouvement intitulé « Unidos pela Vacina » (Unis pour le vaccin) est composé d’environ 400 dirigeants d’ONG ou d’entreprises, dont des compagnies comme le géant de la distribution Magazine Luiza, la compagnie aérienne Gol ou la banque Itau, ainsi que les filiales brésiliennes des multinationales Volkswagen ou Whirlpool.

Le collectif, qui se dit « apolitique » et assure ne « pas avoir le moindre objectif commercial », ne prévoit pas d’acheter des doses de vaccins, mais d’aider à « surmonter des obstacles », notamment logistiques, qui freinent la campagne de vaccination.

« Nous savons que cet objectif de septembre est ambitieux, mais nous avons tous intérêt à sauver des vies et relancer l’économie pour créer de l’emploi. Seul le vaccin peut vaincre notre ennemi commun, le virus », a affirmé lors d’une conférence de presse Luiza Helena Trajano, PDG de Magazine Luiza.

« Nous n’allons pas acheter des vaccins, le gouvernement n’a pas besoin d’argent pour ça. Si c’était un problème d’argent, ce serait plus facile. Mais on peut accélérer le processus, grâce au poids de nos entreprises », a-t-elle ajouté.

Le collectif prévoit de proposer de l’aide aussi bien au gouvernement fédéral qu’à l’ensemble des 27 États et aux plus de 5000 municipalités qui composent le Brésil.

En partenariat avec l’institut Locomotiva, « Unidos pela Vacina » a notamment lancé une grande enquête auprès de chaque municipalité pour évaluer ses besoins en termes de vaccination, y compris pour les seringues.

« Dans une de ces villes, on nous a dit par exemple qu’ils avaient besoin de badges pour identifier les professionnels de santé qui font les injections », a expliqué Mme Trajano.

Plusieurs chercheurs ont estimé récemment que, si la campagne de vaccination se poursuit au rythme actuel, il faudrait plus de quatre ans pour immuniser toute la population.

Le gouvernement Bolsonaro est très critiqué pour sa gestion de la pandémie. La vaccination a débuté tardivement et de façon chaotique il y a trois semaines, alors que les États-Unis, certains pays de l’Union européenne et d’autres pays sud-américains, comme l’Argentine, l’avaient commencée fin 2020.

Le Brésil dispose pour le moment d’environ 12 millions de doses, des vaccins des laboratoires chinois Sinovac et anglo-suédois AstraZeneca, et près de quatre millions de personnes ont été vaccinées à ce jour.

Le gouvernement table sur la livraison de 210,4 millions de doses du vaccin d’AstraZeneca d’ici à la fin de l’année et 100 millions du CoronaVac d’ici fin août.

Il prévoit également d’acquérir prochainement 30 millions de doses des vaccins russe Spoutnik V et indien Covaxin.