(Rio de Janeiro) Le nouveau coronavirus se répandait déjà au Brésil début février, plusieurs semaines avant l’annonce du premier cas confirmé, y compris pendant les festivités du Carnaval de Rio, quand des millions de personnes faisaient la fête dans la rue, selon une étude de l’institut de référence Fiocruz.

Agence France-Presse

La COVID-19 « a commencé à circuler au Brésil dès la première semaine de février », peut-on lire dans cette étude publiée en début de semaine.

Le premier cas officiellement confirmé, un homme qui revenait d’un voyage en Italie, n’a été annoncé par le ministère de la Santé que le 26 février.  

Cette date coïncide avec le mercredi des Cendres, qui marque la fin du carnaval et de ses rassemblements de milliers de personnes dans les rues plusieurs jours durant.

L’étude de la Fiocruz estime que, comme au Brésil, le virus a commencé à se répandre plusieurs semaines avant la confirmation des premiers cas dans d’autres pays, comme l’Italie ou les États-Unis.

Et dans la plupart de ces pays, la transmission communautaire (non liée à des personnes ayant voyagé dans des pays infectés) a débuté avant que des mesures n’aient été prises par les gouvernements pour endiguer la pandémie.

« Cette longue période de transmission communautaire non identifiée montre à quel point il est difficile de retrouver les traces de la circulation du nouveau coronavirus », explique Gonzalo Bello, coordinateur de l’étude.

« Cela montre aussi que des mesures doivent être prises plus tôt, au moins dès qu’on commence à recenser les premiers cas importés », conclut-il.

Le premier décès lié à la COVID-19 au Brésil a été confirmé par les autorités sanitaires le 17 mars. Depuis, le virus a fait plus de 11 500 morts, avec au moins 168 000 personnes infectées, même si les chiffres officiels sont largement sous-évalués selon les spécialistes.

Les premières mesures de confinement ont été prises par les gouverneurs de Rio de Janeiro et Sao Paulo à la mi-mars, quelques jours avant l’annonce du premier décès lié à la COVID-19, mais trois semaines après le premier cas confirmé.