(Washington) Les États-Unis ont estimé mardi que la tentative d’« invasion » par mer du Venezuela dénoncée par Caracas pouvait faire partie d’une « campagne de désinformation majeure » menée par le président Nicolas Maduro.

Agence France-Presse

« Nous nous efforçons d’en apprendre davantage, y compris au sujet des activités des deux ressortissants américains » dont les autorités vénézuéliennes ont annoncé l’arrestation, a déclaré un porte-parole du département d’État américain.

Le président américain Donald Trump a nié toute implication. « Cela n’a rien à voir avec notre gouvernement », a-t-il assuré.

Quinze personnes ont été arrêtées en tout par Caracas. Nicolas Maduro, dont Washington ne reconnaît plus la légitimité, a présenté lundi les deux Américains détenus comme étant des « membres de la sécurité » de Donald Trump. Il a brandi les passeports des deux suspects, identifiés sous les noms de Luke Denman, 34 ans, et Airan Berry, 41 ans.

PHOTO MIRAFLORES PALACE, VIA REUTERS

Le passeport de Airan Berry, 41 ans

Plus tôt lundi, le parquet vénézuélien avait accusé l’opposant Juan Guaidó, que les États-Unis et plus de 50 autres pays considèrent comme le président par intérim du Venezuela, d’avoir recruté des « mercenaires ». Il affirme qu’il a utilisé des fonds de ce pays pétrolier bloqués par des sanctions américaines pour fomenter une tentative d’« invasion » maritime.

Le représentant du ministère public a également diffusé une vidéo où un ancien militaire américain du nom de Jordan Goudreau, qui a fondé une société privée de sécurité appelée Silvercorp USA, évoque une opération en cours contre Nicolas Maduro.

« Il y a une campagne de désinformation majeure menée par le régime Maduro, ce qui rend difficile de distinguer les faits de la propagande », a commenté la diplomatie américaine, précisant tenter de faire la lumière également sur les agissements de Jordan Goudreau.

« Nous allons aussi étudier de près le rôle du régime Maduro dans ce mélodrame et notamment du très important appareil de renseignement cubain au Venezuela », a ajouté le porte-parole du département d’État.

« Maduro et ses complices sont connus pour leurs mensonges et manipulations », a-t-il encore dit, appelant à « ne pas prendre à la lettre » les accusations des autorités vénézuéliennes.

Pour Washington, « ce qui est sûr », c’est que ces dernières « utilisent cet évènement pour justifier une répression accrue ».

Le département d’État note encore que « ces évènements » interviennent peu après un « massacre de détenus » lors d’une mutinerie qui a fait 47 morts et 75 blessés dans une prison de l’ouest du Venezuela.

Cette tentative d’« invasion » présumée intervient un peu plus d’un an après l’appel au soulèvement de l’armée lancé par Juan Guaidó. Le 30 avril 2019, il avait, en vain, tenté d’inciter les casernes à se rebeller contre l’« usurpateur » Nicolas Maduro.  

Ce dernier continue à jouir du soutien de l’état-major de l’armée, pièce-maîtresse du système politique vénézuélien, mais aussi de la Chine, de la Russie et de Cuba.