(Washington) Les États-Unis ont averti jeudi le régime de Nicolas Maduro que l’opposant Juan Guaidó devait pouvoir rentrer en toute sécurité au Venezuela après sa visite à Washington.

Agence France-Presse

« Nous espérons que le régime fera le calcul, surtout après ce voyage, que le soutien à Guaidó est tel que toute action le visant se retournerait contre le régime », a déclaré à des journalistes Elliott Abrams, l’émissaire des États-Unis pour le Venezuela.

« Nous suivons cela avec beaucoup d’attention et espérons qu’il rentrera sans encombre », a-t-il insisté.

Réélu le 5 janvier président de l’Assemblée nationale, seule institution vénézuélienne tenue par l’opposition, M. Guaidó a bravé l’interdiction de quitter le pays décidée à son encontre par les autorités loyales à M. Maduro.

Depuis Miami, le chef de l’opposition, reconnu par les États-Unis et plus d’une cinquantaine de pays comme président par intérim du Venezuela, avait annoncé samedi son retour imminent au pays après une tournée internationale.

Interrogé sur les mesures auxquelles les États-Unis pourraient avoir recours pour s’assurer du retour en sécurité de M. Guaidó, Elliott Abrams a simplement indiqué : « Nous sommes prêts ».

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Elliott Abrams

L’émissaire américain a par ailleurs jugé « suspicieuse » l’incarcération au Venezuela cette semaine de six anciens responsables du secteur pétrolier, dont cinq ont la double nationalité vénézuélienne et américaine, deux mois après avoir été assignés à résidence.

La justice, que l’opposition vénézuélienne estime être aux ordres du gouvernement socialiste de Nicolas Maduro, accuse notamment ces six hommes, tous d’anciens dirigeants de Citgo, filiale américaine du géant pétrolier vénézuélien PDVSA, de blanchiment d’argent et d’association de malfaiteurs.

Leur arrestation s’est produite mercredi soir, quelques heures après que le président américain Donald Trump a reçu Juan Guaidó à la Maison-Blanche.

« Nous condamnons cet acte cruel et indéfendable et demandons à ce que leur détention, longue et injuste, prenne fin et qu’ils soient autorisés à quitter le Venezuela », a commenté Elliott Abrams.   

En plus de sa visite à la Maison-Blanche, Juan Guaidó a rencontré jeudi le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, et a été mardi « invité d’honneur » du discours de Donald Trump sur l’état de l’Union devant le Congrès.

À la tête du Venezuela depuis 2013, Nicolas Maduro a été réélu pour un second mandat en 2018 à l’issue d’un scrutin boycotté par l’opposition qui en a rejeté les résultats, comme une grande partie de la communauté internationale.

Washington tente depuis des mois d’asphyxier le gouvernement vénézuélien avec des sanctions économiques contre ce pays aux immenses réserves pétrolières.

Le président vénézuélien, grand pourfendeur de « l’impérialisme nord-américain », martèle qu’il est « prêt pour la bagarre » et qu’il n’a aucunement l’intention de céder sa place.