(Sao Paulo) Le gouverneur de l’État de São Paulo, João Doria, a annoncé lundi le début des vaccinations contre la COVID-19 avec le Coronavac chinois dès le 25 janvier, même si ce dernier n’a pas encore été homologué par les autorités sanitaires.

Agence France-Presse

Les personnels de santé seront les premiers vaccinés, selon le programme fourni par le gouverneur en conférence de presse. Puis viendront les personnes de plus de 60 ans, les indigènes et les quilombolas, membres de communautés de descendants d’esclaves fugitifs.

Au total, neuf millions de personnes devraient être vaccinées d’ici le mois de mars dans l’État le plus riche et le plus peuplé du Brésil, avec 46 millions d’habitants.

M. Doria a annoncé la mise en place de 5200 centres de vaccination.

Pour que ce programme soit mis en place aux dates fixées par le gouvernement de São Paulo, le vaccin Coronavac, du laboratoire chinois Sinovac, doit être homologué par l’agence de vigilance sanitaire nationale Anvisa.

Mais la demande d’homologation n’a pas encore été déposée, même si la phase 3 des essais cliniques auprès de plusieurs milliers de volontaires au Brésil est déjà bien avancée.

L’annonce de João Doria a été perçue par de nombreux analystes politiques comme une pique lancée à l’adresse du président d’extrême droite Jair Bolsonaro, qui n’aime pas le « vaccin chinois » et dont il est un des plus féroces adversaires politiques.

M. Doria a notamment critiqué le plan national d’immunisation contre la COVID-19, qui prévoit que les vaccinations ne débuteront qu’en mars.

« Pourquoi attendre mars si on peut sauver des vies dès janvier ? », a-t-il lancé lundi en conférence de presse.

Le mois dernier, Jair Bolsonaro avait relancé la « guerre des vaccins » en se félicitant de la suspension momentanée des essais cliniques du Coronavac après la mort d’un volontaire.  

En octobre, il avait déjà ordonné l’annulation d’un accord pour l’acquisition de millions de doses de ce vaccin chinois, affirmant qu’il refusait de faire des Brésiliens des « cobayes ».

« Nous avons besoin de l’union de tous contre le combat idéologique et le déni, il faut arrêter de politiser ce sujet », a déclaré M. Doria lundi.

L’accord noué par le gouvernement de São Paulo avec Sinovac prévoit l’acquisition de six millions de doses qui doivent arriver au Brésil d’ici la fin du mois, et la fabrication locale de 40 millions de doses supplémentaires.

Lundi, les autorités de São Paulo ont annoncé que quatre millions de doses seraient vendues à d’autres États brésiliens.

Le gouvernement fédéral a pour sa part signé un accord avec le laboratoire suédo-britannique AstraZeneca pour la fabrication locale de plus de 100 millions de doses du vaccin élaboré par l’université d’Oxford, également en phase 3 des essais cliniques au Brésil.

Le ministère de la Santé a annoncé lundi qu’il entendait signer cette semaine un mémorandum d’intention d’achat avec Pfizer pour 70 millions de doses.

Sur son compte Twitter, le président Bolsonaro a déclaré que dans le cas où Anvisa certifierait ces vaccins, son gouvernement « offrira le vaccin à tout le monde, gratuitement ». Il a assuré que la vaccination ne sera pas rendue obligatoire.

Le Brésil est le deuxième pays le plus endeuillé par la COVID-19, avec plus de 177 000 morts.