(Managua) Des étudiants nicaraguayens ont manifesté jeudi dans la capitale et dans d’autres villes du pays, défiant un ordre de la police qui a interdit tout rassemblement.

Agence France-Presse

Brandissant des drapeaux bleus et blancs du Nicaragua, les protestataires se sont rassemblés dans différents endroits de Managua, défiant les autorités qui avaient déployé des forces antiémeute.

« La rue n’abandonne pas », « Justice », « Liberté », ont scandé les manifestants qui se sont réfugiés dans des immeubles et des boutiques ainsi que dans la cathédrale de Managua, lorsque les forces de l’ordre ont lancé du gaz lacrymogène pour les disperser.

Des manifestations ont également eu lieu dans les villes de Masaya (sud-est) et de Matagalpa (nord), mais aucun incident grave n’a été signalé.

Ces protestations se sont déroulées à l’appel de différents groupes d’étudiants à l’occasion de la Journée nationale de l’étudiant.

La police avait prévenu dans un communiqué que les manifestations n’étaient pas autorisées.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) a demandé au gouvernement sur Twitter de « permettre aux gens de se rassembler pacifiquement et d’exprimer librement leurs opinions ».

Récemment, le président Daniel Ortega a rejeté une nouvelle fois la demande de l’opposition d’avancer les élections et a maintenu qu’elles auraient lieu comme prévu en 2021.

Des manifestations anti-gouvernementales ont commencé le 18 avril 2018 pour s’opposer à une réforme de la sécurité sociale, apar la suite. Les manifestants ont cependant très vite réclamé le départ de Daniel Ortega, accusé d’avoir mis en place une dictature népotiste et corrompue, et des élections anticipées.

La répression a été sanglante : les violences politiques ont fait plus de 325 morts et 2000 blessés, dans leur écrasante majorité dans les rangs des opposants, selon les organisations de défense des droits de l’homme.

Plus d’un demi-millier d’opposants ont été jetés en prison tandis que des dizaines de milliers de Nicaraguayens ont pris le chemin de l’exil.

La crise a également plongé le pays dans la dépression avec une chute l’année dernière d’au moins 3,8 % du PIB et la perte, selon les milieux entrepreneuriaux, d’environ 450 000 emplois.