Un haut responsable de la police bolivienne a été démis de ses fonctions pour avoir mis les féminicides sur le compte de la conduite des femmes, des déclarations qui avaient provoqué un tollé dans l'opinion.

Mis à jour le 29 déc. 2018
AGENCE FRANCE-PRESSE

Cette destitution a été annoncée vendredi soir dans un communiqué du commandement général de la police, qui souligne que les propos incriminés ne sauraient refléter les positions officielles de la police en Bolivie.

Victor Hugo Soria, jusque-là directeur de la Force spéciale de lutte contre la violence (FELCV), est mis en cause pour avoir déclaré qu'« en général les féminicides surviennent en raison d'un excès de consommation d'alcool [...] et parce que la femme a une double vie, avec son mari et avec un autre ».

Ces propos se référaient à un récent meurtre de femme, dans lequel un homme avait tué son épouse en la rouant de 33 coups de poing, et blessé une de ses filles qui s'était portée au secours de la victime.

Ces déclarations avaient provoqué des réactions indignées dans la presse et sur les réseaux sociaux, assorties d'interrogations sur l'institution policière face à ce genre de meurtres.

Selon les médias locaux, on a compté 136 féminicides (meurtres de femmes liés à leur condition féminine) en Bolivie en 2018, contre 109 l'année précédente. De tels crimes sont passibles de 30 ans de réclusion dans ce pays.