Un groupe de chercheurs, avocats et activistes brésiliens va déposer un recours devant la Cour suprême du Brésil afin que l'avortement soit autorisé en cas de microcéphalie du foetus, une diminution du périmètre crânien associée au virus Zika transmis par un moustique en Amérique latine.

Au Brésil comme dans d'autres pays d'Amérique latine, l'avortement est interdit par la loi et n'est autorisé qu'en cas de viol, de mise en danger de la vie de la mère ou d'anencéphalie (absence partielle ou total de cerveau).

«Nous faisons face à un dommage qui est causé par l'État», a déclaré à l'AFP l'anthropologue Debora Diniz, professeur de l'université de Brasilia et représentante du groupe.

«Pourquoi une loi de 1940 doit-elle être valable pour des cas qui se présentent un siècle plus tard après une épidémie inattendue ?», s'est demandé Mme Diniz, qui s'était déjà mobilisée en 2012 pour que l'anencéphalie soit incluse dans les exceptions à l'interdiction de l'avortement.

Le recours sera déposé dans moins de deux mois, a précisé Mme Diniz.

Depuis avril 2015, plus d'un million et demi de Brésiliens ont contracté le virus, qui se propage de manière exponentielle en Amérique latine via le moustique Aedes aegypti, vecteur également de la dengue, de la fièvre jaune et du chikungunya.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que le Zika pourrait toucher de «trois à quatre millions» de personnes sur le continent américain.

Ce virus est associé au Brésil à une explosion de cas de microcéphalie, trouble du développement du foetus qui entraîne chez les nourrissons un périmètre crânien inférieur à la normale qui provoque un retard du développement mental.

Actuellement, plus de 3400 cas probables de cette maladie congénitale sont en cours d'examen, alors que 270 autres cas ont un diagnostic confirmé (contre 147 sur toute l'année 2014), et 460 ont été finalement écartés.

La présidente brésilienne Dilma Rousseff a assuré vendredi que le Brésil allait «gagner la guerre» contre le virus Zika. Des scientifiques estiment que le Brésil n'a pas réagi à temps face au moustique vecteur de l'épidémie et craignent que les Jeux Olympiques d'août prochain soient une «source de contagion».

Obama et Rousseff partagent leurs «inquiétudes»

Le président américain Barack Obama a appelé vendredi son homologue brésilienne Dilma Rousseff pour évoquer leurs « inquiétudes partagées » devant la propagation rapide du virus Zika, particulièrement dangereux pour les femmes enceintes.

« Le Président s'est entretenu par téléphone aujourd'hui avec la présidente du Brésil Dilma Rousseff pour évoquer leurs inquiétudes partagées devant la propagation du virus Zika en Occident », a indiqué la Maison-Blanche dans un communiqué.

« Les deux dirigeants sont d'accord sur l'importance d'efforts de collaboration pour approfondir notre connaissance, sur des recherches avancées et une accélération des travaux de développement de meilleurs vaccins et d'autres technologies pour contrôler le virus », ajoute l'exécutif américain.

Photo Susan Walsh, archives AP