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Bolivie : 700 militaires limogés après des manifestations

Des soldats boliviens ont manifesté dans les rues... (PHOTO AIZAR RALDES, AFP)

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Des soldats boliviens ont manifesté dans les rues de La Paz, le 24 avril.

PHOTO AIZAR RALDES, AFP

Agence France-Presse
LA PAZ

L'armée bolivienne a limogé 702 militaires pour «sédition», à la suite de manifestations par des sous-officiers, dont la majorité sont d'origine indienne, qui protestaient contre la discrimination raciale dont ils se disent victimes.

Le commandant en chef des forces armées, le général Victor Baldivieso, a même estimé que les protestations de quelque 2000 sergents en uniforme, qui s'étaient doublées d'un appel à la grève, équivalaient à une sédition en vue d'un coup d'État.

Les sous-officiers, qui sont en majorité des indiens Aymara et Quechua, n'ont selon les règles actuelles de l'armée aucune possibilité de promotion au-delà du grade de sergent, ni accès aux instituts de formation des officiers.

«Nous ne sommes pas contre le gouvernement, nous sommes contre ce système capitaliste, néo-libéral et colonial qui règne dans l'armée», a expliqué le responsable d'une association de sous-officiers, qui avait appelé aux manifestations.

L'association estime que ces règles, ainsi que les fréquents actes de discrimination raciale dont sont victimes les indiens dans l'armée, sont contraires à la nouvelle Constitution promulguée par le président Evo Morales, lui-même un Aymara et le premier président à être issu de la majorité indienne.

Morales appelle à la «discipline»

LA PAZ - Le président bolivien Evo Morales a demandé vendredi «la discipline» dans les rangs de l'armée, après des protestations de sous-officiers contre les «discriminations» dont ils se disent victimes, conduisant le haut commandement à limoger plus de 700 hommes.

Au cours d'une cérémonie au Collège militaire de La Paz, le président socialiste a ajouté que «quitter les casernes constituait une trahison à la patrie» et exigé que soit respectée la chaîne de commandement, ne laissant aucun doute sur son soutien à la hiérarchie des forces armées.

Depuis plusieurs jours, des sous-officiers manifestent dans la rue pour dénoncer leurs conditions d'avancement ainsi que des actes de discriminations raciales.

Les sous-officiers, en majorité des indiens Aymara et Quechua, n'ont selon les règles actuelles de l'armée aucune possibilité de promotion au-delà du grade de sergent, ni accès aux instituts de formation des officiers, qui sont pour leur part généralement blancs ou métis.

«Frères cadets, le peuple a besoin de vous. Le peuple a confiance dans ses sergents. Officiers, commandants, votre président a confiance en vous», a ajouté le président Morales, lui-même indien Aymara.

Plusieurs centaines de sergents et sous-officiers ont encore manifesté vendredi, malgré les lourdes sanctions prises la veille par leur hiérarchie, qui a qualifié de «mutinerie» et de «sédition» cette mobilisation et limogé plus de 700 hommes.

Cette mesure a accru le mécontentement des protestataires, et les manifestations de vendredi se sont déroulées dans au moins quatre autres villes en province, à laquelle se sont jointes des épouses de militaires, pour réclamer des changements institutionnels.

«Nous ne recherchons pas un coup d'État, nous demandons justice», a affirmé devant des journalistes le sous-officier Erick Magne, l'un des leaders du mouvement, qui a été limogé.

Le gouvernement a apporté son soutien aux mesures prises par la hiérarchie et demandé aux manifestants de dialoguer, mais ceux-ci réclament auparavant la levée des sanctions prises à leur encontre.

«Nous ne sommes pas contre le gouvernement, nous sommes contre ce système capitaliste, néo-libéral et colonial qui règne dans l'armée», avait expliqué jeudi le responsable d'une association de sous-officiers, qui avait appelé aux manifestations.

L'association estime que les règles de promotion en vigueur, ainsi que les fréquents actes de discrimination raciale dont sont victimes les indiens dans l'armée, sont contraires à la nouvelle Constitution promulguée par le président Evo Morales lui-même.




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