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À Rio, l'armée remplace la police dans les favelas de la Maré

L'opération destinée à «pacifier» la zone en vue... (PHOTO CHRISTOPHE SIMON, AFP)

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L'opération destinée à «pacifier» la zone en vue du Mondial de football (12 juin-13 juillet) comprend 2050 hommes de la Brigade d'infanterie parachutiste, 450 de la Marine et 200 de la Police militaire.

PHOTO CHRISTOPHE SIMON, AFP

Agence France-Presse
RIO DE JANEIRO

Environ 2700 militaires, à bord de blindés ou de cars, se sont déployés samedi dans les favelas du Complexe de la Maré à Rio de Janeiro, situées près de l'aéroport international, où ils remplacent les policiers présents sur les lieux depuis près d'une semaine, à deux mois du Mondial de football.

Les soldats sont entrés sans incident à partir de 6 h locales (4 h à Montréal), tandis que les habitants les regardaient par les fenêtres ou sur le pas de leur porte, ont constaté des journalistes de l'AFP.

«Les militaires, principalement des parachutistes et des fusiliers marins, ont occupé les zone dominées par les groupes (criminels) Comando Vermelho et Tercerido Comando Puro. Il n'y a eu ni arrestations ni heurts», a affirmé à l'AFP un porte-parole du ministère de la Défense.

L'opération destinée à «pacifier» la zone en vue du Mondial de football (12 juin-13 juillet) comprend 2050 hommes de la Brigade d'infanterie parachutiste, 450 de la Marine et 200 de la Police militaire.

La Force de pacification sera déployée dans les 15 favelas de la Maré, un territoire de 10 kilomètres carrés peuplé de 130 000 habitants, et y restera jusqu'à fin juillet.

Considéré comme l'une des zones les plus dangereuses de Rio, le Complexe de la Maré est situé à un point stratégique de la ville, par où transiteront des dizaines de milliers de touristes pendant le Mondial. Il est bordé par les principaux accès routiers qui relient le centre de Rio aux banlieues de la mégapole de 12 millions d'habitants.

«J'espère que la situation va s'améliorer ici», a déclaré à l'AFP une habitante refusant de s'identifier, à proximité d'un point de vente de drogue dans la favela Parque Uniao.

«Ah ! C'est seulement jusqu'à la Coupe. Quand la Coupe s'achèvera (l'opération de l'armée) s'achèvera aussi et tout redeviendra comme avant», a estimé, peu convaincue par cette initiative, Eulalia, 73 ans.

Peu d'habitants se risquaient à parler aux médias, par crainte de représailles des trafiquants de drogue.

Dimanche dernier, 1180 policiers militaires de diverses unités, appuyés par 15 blindés, quatre hélicoptères et des policiers en civil, avaient pris possession en un quart d'heure et sans rencontrer de résistance de ce fief du trafic de stupéfiants.

«Les Forces armées démontrent une fois encore leur engagement à l'égard du pays (...) et de la sécurité des habitants», s'est félicitée vendredi soir sur Twitter la présidente Dilma Rousseff.

«Nous sommes prêts à remplir cette mission», a de son côté assuré le ministre de la Défense, Celso Amorim, qui a visité la zone.

En une semaine d'occupation par la police, 36 affrontements avec des criminels présumés ont fait 16 morts et huit blessés, selon les autorités, qui ont également fait état de 118 arrestations.

Les forces de sécurité ont également saisi  50 pistolets, 50 fusils, deux mitraillettes, 24 grenades et plus de 1000 munitions. Par ailleurs, ont été saisis 25 kilos de cocaïne, une tonne de marijuana et cinq kilos de crack, a indiqué samedi le secrétariat à la Sécurité publique de Rio.

La «pacification» de Rio a été lancée en 2008, avec l'installation depuis de 38 Unités de la police pacificatrice (UPP) dans 174 favelas, visant à en chasser les trafiquants de drogue qui y régnaient.

Ce déploiement policier et militaire intervient dans une période de regain de violences, dont, ces dernières semaines, une série d'attaques visant des UPP, attribuées au crime organisé. Depuis janvier, huit policiers ont été tués, dont quatre membres des UPP.




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