La grande majorité des Colombiens s'opposent à ce que les guérilleros des FARC bénéficient d'une impunité leur permettant de participer à la vie politique, en cas d'accord à l'issue des actuelles négociations de paix, selon un sondage de l'institut Gallup diffusé vendredi dans la presse.

Publié le 28 juin 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

Quelque 80 % des personnes interrogées refusent l'idée que les combattants de la rébellion marxiste des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) échappent à des peines de prison, après un demi-siècle de conflit interne.

Ce sondage, réalisé entre les 14 et 24 juin auprès de 1200 Colombiens dans les cinq principales villes du pays, est publié au moment où les pourparlers de paix, délocalisés depuis novembre dernier à Cuba, abordent précisément la question de la réinsertion des guérilleros sur la scène politique.

Une loi, adoptée l'an dernier par le Parlement, prévoit la possibilité de suspension de peine pour les rebelles repentis en échange de leurs aveux.

Une tout aussi confortable majorité de Colombiens (70 %) soutient toutefois le processus de paix ouvert par le président Juan Manuel Santos, mais plus d'un sur deux (55 %) estime que les discussions ne déboucheront pas sur un accord final.

Fondées en 1964, à l'issue d'une insurrection paysanne, les FARC, la plus ancienne guérilla d'Amérique latine, comptent encore selon les autorités quelque 8000 combattants, essentiellement repliés dans les régions rurales.

Les négociations, menées à La Havane en l'absence d'un cessez-le-feu bilatéral en Colombie, ont déjà permis d'aboutir à un accord sur la nécessité d'une réforme agraire. Outre la réinsertion des FARC, les discussions doivent traiter de la question du trafic de drogue, de l'abandon des armes et des réparations pour les victimes.

En près de cinquante ans, le conflit colombien, qui a mis en scène des guérillas communistes, des milices paramilitaires d'extrême droite officiellement démobilisées depuis 2006 et des bandes criminelles, a fait quelque 600 000 morts, 15 000 disparus et près de 4 millions de déplacés, selon des chiffres officiels.