Secouristes, pompiers, militaires et policiers poursuivaient vendredi leurs recherches, après s'être relayés toute la nuit dans les décombres, au lendemain de l'explosion au siège de la compagnie pétrolière publique Pemex à Mexico, qui a fait au moins 33 morts selon un nouveau bilan.

Mis à jour le 1er févr. 2013
Sofia MISELEM AGENCE FRANCE-PRESSE

Dans la tour B du siège social, où a eu lieu l'explosion, les secouristes retirent d'énormes blocs de béton et des tiges de métal tordues, ont constaté des journalistes de l'AFP. D'un côté du bâtiment s'empilent sièges, papiers, ordinateurs, cartons, archives et autres meubles de bureau, portant les stigmates de l'accident.

Le un responsable du gouvernement a annoncé que la catastrophe avait fait 33 morts. Auparavant, le le directeur général de la compagnie pétrolière publique du Mexique, Emilio Lozoya avait fait état de 32 morts: 12 hommes et 20 femmes.

L'explosion, qui s'est produite jeudi vers 16 h locales, à la sortie des bureaux, a également fait 121 blessés, dont 52 toujours hospitalisés.

«C'était comme pendant un tremblement de terre», a raconté jeudi à l'AFP une employée de Pemex, Astrid Garcia Treviño, qui sortait à peine de la tour pour aller faire une course. «Je suis revenue, j'ai vu toute la partie basse de l'immeuble détruite et je n'ai pas pu entrer», a-t-elle expliqué. «Dans l'entresol, il y avait plus de 1000 personnes. C'est là que les employés pointent», a ajouté l'employée visiblement sous le choc.

Quelque 200 à 250 personnes se trouvaient jeudi dans la zone concernée par l'explosion, selon  M. Lozoya. La tour B héberge 1700 salariés, et 10 000 personnes travaillent sur le complexe chaque jour.

Selon son directeur général, l'entreprise, une des plus importantes compagnies pétrolières au monde, poursuivait normalement ses activités de production vendredi.

Il a souligné qu'il s'agissait apparemment d'un «accident», mais qu'aucune piste ne serait écartée lors de l'enquête.

L'explosion a touché la tour B du siège de la compagnie, mais a également secoué la tour principale, un édifice de 54 étages et plus de 200 mètres de haut, dont des vitres et des murs se sont effondrés.

Une source à la Protection civile a indiqué à l'AFP que l'accident serait dû «à une accumulation de gaz, dans un local électrique», ce qui n'a pas été confirmé officiellement.

Sur place, «les travaux (d'évacuation des décombres) ont duré toute la nuit, ils se sont principalement concentrés sur les sous-sols», a expliqué à l'AFP un membre de la Protection civile.

Les équipes de secours, accompagnées de chiens spécialisés, poursuivent leurs fouilles dans les décombres du sous-sol, du rez-de-chaussée et de l'entresol du bâtiment touché, relié à la tour principale par une passerelle, dont le toit s'est affaissé.

Au moins six ambulances étaient toujours sur place vendredi matin, tandis que la police rétablissait partiellement la circulation sur l'avenue de la Marine, axe très fréquenté de la capitale mexicaine.

«Apparemment, tout le monde a été sorti», a affirmé à l'AFP une infirmière militaire qui n'a pas souhaité donner son nom.

Des proches de salariés de la Pemex ont, eux, passé la nuit devant les trois hôpitaux de la ville, où les blessés sont soignés.

La Pemex, plus grosse entreprise du Mexique (elle produit quelque 2,5 millions de barils de brut par jour), a déjà été frappée par plusieurs drames.

En 2012, une violente explosion accidentelle avait tué 30 personnes sur un de ses sites gaziers près de Reynosa, non loin de la frontière américaine.

En décembre 2010, un de ses oléoducs avait explosé à San Martin Texmelucan, dans le centre, tuant 29 personnes et faisant plus de 50 blessés.

Et en 2007, 21 employés avaient péri dans une impressionnante fuite de gaz sur une plate-forme pétrolière dans le golfe du Mexique, la plupart se noyant après avoir paniqué et sauté dans l'eau.

 

Plus de 500 pompiers, soldats et secouristes étaient sur place. Ils fouillaient les décombres à l'aide de chiens, de camions et d'une grue appartenant à Pemex.

Environ 10 000 personnes travaillent au siège social de Pemex, une tour de 51 étages. Le ministre de l'Intérieur, Miguel Osorio Chong, a indiqué qu'on ne sait pas si parmi elles, certaines sont toujours prisonnières des décombres, mais a promis que les recherches se poursuivront. L'explosion s'est produite vers 15 h 45, alors que se terminait le quart de travail de plusieurs employés. Elle a soufflé le sous-sol de l'édifice et les deux premiers étages, qui se sont effondrés les uns sur les autres.

Pemex, premier employeur du pays, avait annoncé l'explosion sur son compte Twitter, parlant seulement de blessés, mais assuré qu'elle avait fait évacuer la tour en raison d'une «panne d'électricité». L'explosion a touché le rez de chaussé et l'étage immédiatement au-dessus, selon la Pemex. La compagnie a ensuite révélé, toujours sur Twitter, que le procureur général du Mexique faisait enquête.

Un journaliste présent sur les lieux jeudi a vu des secouristes tenter d'aider plusieurs ouvriers coincés dans l'édifice.

Des images télévisées montraient des personnes évacuées sur des chaises de bureau et des civières. La plupart de ces personnes présentaient des blessures probablement causées par des chutes de débris.

Les blessés ont été transportés vers deux hôpitaux de Pemex et vers d'autres établissements, y compris l'hôpital de la Croix-Rouge dans le quartier de Polanco. Les proches des victimes s'y sont rendues à la recherche d'informations.

Le président mexicain et le maire de Mexico Miguel Angel Mancera se sont rendu sur les lieux et les policiers ont bouclé les avenues et rues autour de l'édifice.

Pemex, quatrième compagnie pétrolière au monde avec une production de quelque 2,5 millions de barils par jour, avait édifié ce gratte-ciel dans les années 1980, à l'époque le plus haut d'Amérique latine.

L'entreprise a déjà été frappée par plusieurs drames.

En 2012, une violente explosion accidentelle avait tué 30 personnes sur un de ses sites gaziers près de Reynosa, non loin de la frontière américaine.

En décembre 2010, un de ses oléoducs avait explosé à San Martin Texmelucan, dans le centre, tuant 29 personnes et faisant plus de 50 blessés.

Et en 2007, 21 employés de Pemex avaient péri dans une impressionnante fuite de gaz sur une plate-forme pétrolière dans le golfe du Mexique, la plupart se noyant après avoir paniqué et sauté dans l'eau.

PHOTO YURI CORTEZ, AFP

Un secouriste constate l'ampleur des dégâts, devant l'immeuble en ruines, où au moins 25 personnes ont perdu la vie.