Le premier mariage civil homosexuel au Brésil a été célébré mardi après que la justice a donné son autorisation au couple, en union stable depuis 8 ans, a rapporté la presse locale.

AGENCE FRANCE-PRESSE

Mardi, Sergio Kauffman Sousa et Luiz André Moresi ont reçu du Tribunal de la Famille de la ville de Jacarei, dans l'État de São Paulo (sud-est) leur certificat de mariage civil.

Le 6 juin, ils avaient demandé à la justice de convertir en mariage leur union stable, officialisée en mai dernier.

Le certificat de mariage en main, MM. Sousa et Moresi ont annoncé qu'ils demanderaient de nouveaux papiers d'identité au même nom de famille: Sousa Moresi.

«C'est un bonheur immense. J'essaye encore de comprendre que ce moment entrera dans l'histoire. Nous avons lutté pendant tant d'années, alors maintenant que ça se réalise, on est en extase», a dit M. Moresi.

C'est le premier mariage officiel entre deux personnes du même sexe au Brésil. Jusqu'à présent, depuis une décision de la Cour Suprême du 5 mai dernier, seules les unions stables homo affectives étaient reconnues.

Le juge qui a émis le certificat, Fernando Henrique Pinto, s'est appuyé sur cette décision de la Cour Suprême, ainsi que sur une résolution de l'ONU du 17 juin destinée à promouvoir l'égalité entre les hommes, sans distinction.

M. Pinto a souligné que le certificat de mariage est une «garantie» pour la préservation des droits en cas de décès d'un des conjoints. Il recommande à «tous les couples en union stable, homosexuels ou hétérosexuels, de se marier».

Le juge avait préalablement consulté le Ministère public. Celui-ci s'était dit favorable à la décision après avoir demandé des témoignages confirmant que les deux hommes «vivaient ensemble de manière publique, continue et durable dans l'objectif de fonder une famille».

Il y a deux semaines, un juge de l'État de Goias (centre-ouest) avait contredit la décision de la Cour Suprême et annulé une union stable homo affective. Selon lui, la Constitution établit qu'une famille est formée uniquement par un homme et une femme.

«S'il y a une demande d'annulation de notre mariage, nous porterons le cas devant la Cour Suprême», a assuré Sergio Kauffman Sousa.

S'ils se marient, les conjoints deviennent héritiers et peuvent changer de nom. En union stable, ils restent célibataires sur les registres d'État civil et disposent de moins de droits en cas de décès.