Les États-Unis ont fermé vendredi pour raisons de sécurité leur consulat à Ciudad Juarez, ville frontalière du nord du Mexique en proie à la «guerre des cartels», contre lesquels l'armée a cependant remporté une victoire en tuant un chef de premier plan dans l'ouest du pays.

AGENCE FRANCE-PRESSE

L'ambassade américaine à Mexico a annoncé que le consulat serait fermé «à compter du vendredi 30 juillet» pour une durée indéterminée, «jusqu'à ce qu'un réexamen de la sécurité soit conduit».

Le plus important consulat des États-Unis en Amérique latine avait déjà été fermé temporairement après l'assassinat en mars de deux Américains, dont une fonctionnaire consulaire, et d'un employé mexicain. Ces meurtres avaient été attribués au gang de «Los Aztecas», lié au cartel de «Juarez».

Située à la frontière du Texas, Ciudad Juarez, 1,3 million d'habitants, est la ville la plus dangereuse du Mexique en raison de la «guerre des cartels» avec 2660 meurtres recensés en 2009.

Mi-juillet, la violence était encore montée d'un cran lorsque des cartels avaient utilisé pour la première fois une voiture piégée pour tuer deux policiers. Un médecin et un secouriste avaient également été tués.

L'armée mexicaine a cependant marqué un point jeudi dans sa lutte contre le narcotrafic, avec la mort d'Ignacio «Nacho» Coronel, un des trois principaux chefs du grand cartel mexicain de Sinaloa, tué lors d'un raid dans les faubourgs de Guadalajara (ouest).

«Nacho» a été abattu après avoir ouvert le feu sur les militaires venus l'arrêter, a annoncé le vice-ministre de la Défense, Edgar Ruiz. Il était l'un des plus proches partenaires de l'homme le plus recherché du Mexique, Joaquin «El Chapo» Guzman, à la tête du cartel de Sinaloa.

Connu aussi comme le «roi du cristal», il dominait la production et la mise sur le marché nord-américain de cette puissante drogue à bas coût, et de la cocaïne. Cinq millions de dollars avaient été offerts par les États-Unis pour toute information conduisant à son arrestation.

La mort de Coronel est l'un des principaux coups portés au narcotrafic et représente la perte la plus lourde essuyée par le cartel sous le mandat du président Felipe Calderon, présent jeudi à Guadalajara pour une réunion avec des chefs d'entreprise.

A son arrivée au pouvoir en 2006, le président mexicain avait annoncé une guerre sans merci contre les cartels de la drogue, déployant 50 000 militaires à cette fin. Cette initiative lui a valu le soutien des États-Unis, mais aussi les critiques de l'opposition, qui l'accuse d'avoir exacerbé la violence.

Depuis plusieurs mois, les tueries liées au trafic de drogue se sont multipliées au Mexique, faisant 7000 morts depuis le début de l'année.

Jeudi, quinze cadavres portant des traces de torture et de blessures par balles ont été retrouvés dans l'Etat de Tamaulipas (nord-est). Les corps, découverts sur une route, non loin de la frontière avec la ville texane de Brownsville, portaient tous la lettre «Z» tracée sur les vêtements, faisant probablement référence au cartel des «Zetas.

Le 28 juillet, les corps décapités de deux jeunes gens, accusés d'être des hommes de main d'un cartel de la drogue, avaient été retrouvés à Ciudad Juarez.

La veille, huit têtes humaines avaient été découvertes sur des routes dans le nord du pays.

Felipe Calderon a érigé en priorité nationale la lutte contre le crime organisé depuis son arrivée au pouvoir, sans réussir à faire baisser les violences qui ont fait près de 25 000 morts depuis fin 2006 au Mexique.