Le Brésil a réuni les connaissances nécessaires pour fabriquer une bombe atomique, affirme dimanche le quotidien Jornal do Brasil, en s'appuyant sur une thèse de doctorat présentée récemment à l'Institut militaire d'ingénierie (IME).

AGENCE FRANCE-PRESSE

Dans cette thèse, intitulée «Simulation numérique de détonations thermonucléaires en milieux hybrides de fusion-fission exploités par radiation», le physicien Darron a réussi à décoder les modèles mathématiques de l'ogive W-87, mise au point par les Etats-Unis.

Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, interrogé par l'AFP, affirme qu'il n'y a «aucun secret» autour de cette thèse, puisqu'elle a «apparemment déjà été publiée dans un livre». «Mais le Brésil est signataire du Traité de non prolifération des armes nucléaires et il respecte cet accord», a-t-il précisé.

Une partie de cette thèse a été publiée récemment au Brésil dans un livre intitulé «La physique des explosions nucléaires», mais l'original du travail universitaire est conservé en lieu sûr par l'IME, selon le Jornal do Brasil.

Après la publication de cet ouvrage, l'Agence internationale de l'énergie (AIEA) a demandé aux ministères brésiliens de la Défense et des Affaires étrangères de lui fournir davantage de détails sur cette thèse, indique le quotidien.

Il ajoute que l'AIEA est arrivée à la conclusion que les modèles décrits dans la thèse et dans le livre n'ont pu être développés qu'en laboratoire, ce qui alimenterait les soupçons sur le fait que le géant sud-américain maîtrise aujourd'hui les connaissances nécessaires pour fabriquer une bombe nucléaire.

Mercredi, le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva avait souligné que le «Brésil est le seul pays au monde qui mentionne dans sa Constitution l'interdiction de posséder une arme nucléaire», dans une interview accordée à l'AFP.

Lula a annoncé en juillet 2007 la relance du programme nucléaire du Brésil, avec l'achèvement de son premier sous-marin à propulsion nucléaire et la reprise, après vingt ans d'interruption, de la construction de sa troisième centrale.

Des spécialistes avaient alors estimé qu'il ne s'agissait en rien d'une reprise d'un projet du régime militaire (1964-1985) de doter le Brésil de l'arme atomique.