(Johannesburg) L’état de santé de l’ex-président sud-africain Jacob Zuma, 79 ans, absent mardi à la reprise de son procès pour corruption et qui a bénéficié d’une liberté conditionnelle pour raison médicale dans une affaire distincte, était au centre des débats.

Agence France-Presse

Depuis son hospitalisation en août, un mois après avoir commencé à purger une peine de prison ferme pour outrage, aucune information n’a filtré sur sa santé, sauf qu’il a subi plusieurs opérations chirurgicales.

« La présence au tribunal n’est pas facultative », a sèchement rappelé le représentant du ministère public à l’ouverture de l’audience au tribunal de Pietermaritzburg (dans l’est du pays), retransmise à la télévision. « Il n’y a aucune raison pour qu’il ne soit pas là aujourd’hui », a-t-il asséné, réclamant que le dossier médical de M. Zuma soit transmis au tribunal.  

Cette audience avait été reportée début septembre. Entre-temps, une équipe médicale désignée par l’État, après examen de son dossier, a déclaré M. Zuma apte à comparaître.  

L’ex-président doit répondre de seize chefs d’accusation de fraude, corruption et racket, dans une histoire de pots-de-vin en 1999 impliquant le géant de l’armement français Thales, inculpé aussi de corruption et blanchiment d’argent.

Le procès, maintes fois reporté en raison d’innombrables recours de M. Zuma, s’était finalement ouvert en mai.

Rappelant aussi qu’un procès au criminel ne peut se dérouler sans accusé, le juge Piet Koen a demandé aux conseils de Jacob Zuma de justifier l’absence de leur client : « Je souhaite désespérément poursuivre ce procès ».

La défense s’est catégoriquement refusée à communiquer le dossier médical, mettant en avant le droit à la confidentialité et à l’intimité de Jacob Zuma. Le procureur se comporte en « vautour » en demandant des pièces sur l’état de santé de l’ancien président, a asséné Me Dali Mpofu.

M. Zuma a été condamné en juin à quinze mois de prison pour avoir obstinément refusé de se présenter devant une commission chargée d’enquêter sur la corruption d’État sous sa présidence (2009-2018).

Son incarcération en juillet avait déclenché une vague sans précédent de violences dans le pays. « Combattre ces charges menées contre moi fait partie de la lutte pour la justice, la dignité et le respect de l’Africain noir », a-t-il déclaré dans un communiqué la veille de l’audience, assurant que « ce n’est pas fini ».

Le procès doit se poursuivre mercredi.