(Mogadiscio) Au moins 15 personnes ont été tuées mardi matin dans un sanglant attentat-suicide contre un centre d’entraînement de l’armée dans la capitale somalienne Mogadiscio, a appris l’AFP auprès d’un officier présent sur place et de source hospitalière.

Agence France-Presse

Ce bilan de 15 morts, non confirmé de source officielle, est un des plus lourds enregistrés depuis un an et demi dans la capitale somalienne, régulièrement secouée par des attaques des islamistes shebab, qui ont juré la perte du gouvernement fédéral soutenu par la communauté internationale.

Vers 9 h (6 h GMT), un kamikaze s’est fait exploser parmi des jeunes gens « qui faisaient la queue devant le camp » militaire General Dhegobadan, dans l’est de la ville, a déclaré à l’AFP Mohamed Adan, affirmant avoir « compté une quinzaine de nouvelles recrues qui ont été tuées dans l’explosion ».

Cet attentat-suicide a été confirmé à la radio nationale par le chef de l’armée Odowa Yusuf Rage, qui a fait état de son côté de « dix jeunes hommes qui voulaient rejoindre les forces armées nationales tués et vingt autres blessés ».

Deux employés de la morgue de l’hôpital Madina ont affirmé à l’AFP, sous couvert d’anonymat, avoir réceptionné une quinzaine de corps.  

« Nous avons reçu quinze cadavres (du site) de l’explosion d’aujourd’hui. Certains d’entre eux portaient de graves blessures par éclats d’explosif et tous étaient des jeunes hommes d’environ 20 à 27 ans », a déclaré l’un d’entre eux.

« Les quinze cadavres couverts de sang ont été amenés dans des ambulances militaires. Certains des proches sont arrivés peu de temps après […] Ils étaient choqués et pleuraient », a ajouté un autre.

Comme de nombreuses femmes, Maryama Hussein s’est rendue à l’hôpital après avoir appris la nouvelle. « J’ai perdu mon fils, il est mort. Son corps est ici », a-t-elle déclaré à l’AFP.

Base turque à proximité

Le camp militaire de Dhegobadan est une base d’entraînement de l’armée nationale somalienne, où des centaines de nouvelles recrues sont formées chaque année, en vue notamment de combattre les islamistes shebab.  

Le groupe djihadiste somalien, affilié à Al-Qaïda, a revendiqué mardi une attaque contre le Camp Turksom, situé à environ 600 mètres sur la même route que le camp Dhegobadan, mais aucune attaque n’a eu lieu mardi contre cette base d’entraînement turque.  

En juin 2020, elle avait été visée par une tentative d’attentat similaire, lorsqu’un kamikaze avait tenté de se faufiler dans une file de nouvelles recrues. Les forces de sécurité l’avaient abattu avant qu’il n’ait pu atteindre sa cible.

Les shebab mènent régulièrement des attentats dans la capitale somalienne, dont ils ont été chassés en 2011 par l’Amisom, la force de l’Union africaine (UA).

Ces attaques, menées par des kamikazes ou à la voiture piégée, visent souvent des cibles sécuritaires (points de contrôle et bases militaires ou de la police) et gouvernementales.

La plus sanglante menée à Mogadiscio ces 18 derniers mois remonte au 28 décembre 2019 : une attaque à la voiture piégée contre un poste de contrôle dans un quartier animé de Mogadiscio avait fait au moins 81 morts, selon un bilan officiel. Cet attentat n’avait pas été revendiqué par les shebab.  

Depuis, le plus lourd bilan recensé dans la capitale était de onze morts le 17 août 2020 dans une attaque d’envergure revendiquée par les shebab sur un hôtel de Mogadiscio fréquenté par des responsables gouvernementaux, selon un bilan officiel.