(Ouagadougou) L’attaque djihadiste contre une base militaire dans le nord du Burkina Faso lundi a fait « 24 morts et sept blessés », selon un nouveau bilan fourni mardi par l’état-major de l’armée burkinabè dans un communiqué, qui fait aussi état de « cinq disparus ».

Agence France-Presse

Le précédent bilan de l’armée lundi était d’une « dizaine de militaires tués et plusieurs blessés ».  

Cette attaque qui a frappé le détachement militaire de Koutougou, dans la province du Soum, est la plus meurtrière jamais subie par l’armée burkinabè dans sa confrontation avec les groupes islamistes depuis 2015.

Un « conseil de défense extraordinaire » était en cours mardi au palais présidentiel à Ouagadougou, a indiqué une source sécuritaire à l’AFP.

Selon cette source, ce sont « plusieurs dizaines de terroristes à bord de motos et de pick-up » qui ont attaqué le camp militaire.  

« C’est visiblement une attaque bien préparée et coordonnée par plusieurs groupes terroristes. Ils ont tiré à l’arme lourde sur le camp de base, notamment des roquettes qui ont incendié plusieurs installations, des moyens roulants et de l’armement », a précisé cette source.

Jusque-là, la plus grave attaque djihadiste perpétrée contre l’armée burkinabé avait fait 12 morts à Nassoumbou, dans la même province du Soum (Nord), en décembre 2016. Une quarantaine d’assaillants, à bord de pick-up et de motos, avaient attaqué un poste militaire situé à une trentaine de kilomètres du Mali.

L’armée burkinabè avait aussi subi un revers sans précédent en mars 2018, où une attaque djihadiste avait dévasté son état-major général, en plein centre de la capitale Ouagadougou, faisant huit morts.

Pays sahélien pauvre d’Afrique de l’Ouest, le Burkina Faso s’enfonce depuis quatre ans et demi dans une spirale de violences, attribuées à une douzaine de groupes, certains affiliés à Al-Qaïda et d’autres à l’État islamique.

Les attaques djihadistes, de plus en plus fréquentes et meurtrières, en particulier dans le nord et l’est du pays, ont fait plus de 500 morts.