Au moins 200 personnes ont été blessées depuis une semaine dans des affrontements entre communautés rivales dans l'État de Jonglei, au Soudan du Sud, a annoncé dimanche un responsable de l'ONU dans le pays.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Près de 200 victimes sont arrivées à Manyabol», un village isolé de l'État de Jonglei, où des miliciens Lou Nuer ont affronté des jeunes armés Murle, une communauté rivale, a indiqué dans un communiqué ce responsable, Tony Lanzer, coordinateur de l'aide humanitaire dans le pays.

M. Lanzer n'a pas donné de bilan plus précis. Mais Manyabol est l'une des localités où des blessés ont pu trouver refuge, dans cet État instable de l'est du Soudan du Sud, faisant craindre un plus grand nombre de victimes.

Le responsable onusien a appelé à «faire cesser d'urgence le cycle des violences (...)».

Les blessés les plus graves ont été évacués par avion vers Bor, la capitale régionale, où l'organisation humanitaire Médecins sans frontière (MSF) soutient l'hôpital local.

«Nous avons soigné des blessures par balle, des fractures aux jambes», a déclaré un porte-parole de MSF, Martin Searle, faisant état de 22 blessés pris en charge. «Nous nous attendons à ce qu'ils arrivent en plus grand nombre», a-t-il précisé.

L'État de Jonglei, et plus particulièrement le département de Pibor, est le théâtre récurrent d'affrontements entre communautés rivales Lou Nuer, Murle, mais aussi Dinka, le plus souvent autour de rivalités sur le bétail.

Une rébellion menée par David Yau Yau, un leader Murle, sévit également depuis 2011 dans la région.

Depuis plusieurs jours, des milices Lou Nuer venues du nord de Jongeli menaçaient d'affronter leurs rivales Murle, provoquant la fuite de nombreux villageois. Des colonnes de centaines - voire de milliers - de combattants Lou Nuer avaient été repérées ces jours derniers, se dirigeant plus au sud vers le comté de Pibor.

Une correspondante de l'AFP a pu survoler vendredi la région, et notamment la localité de Manyabol et ses environs. Dans plusieurs villages, des huttes étaient en feu ou ont été complètement rasées. Des colonnes d'hommes en armes étaient également visibles.

Plusieurs responsables et représentants de la communauté internationale dans le pays avaient mis en garde cette semaine contre une possible explosion de violences dans la région.

Samedi, les ambassadeurs des pays de l'UE en poste à Juba s'étaient dits «extrêmement inquiets» des risques d'affrontements ethniques.

Fin 2011, quelque 8000 Lou Nuer avaient marché sur Pibor, massacré et pillé, en représailles selon eux à des attaques orchestrées par des Murle. L'ONU avait alors parlé de 600 morts, mais des responsables locaux avaient avancé des bilans bien plus lourds.

En mai dernier, Pibor avait encore été le théâtre de pillages, perpétrés par des hommes armés non identifiés et des soldats sud-soudanais. Des locaux de l'ONU ainsi que l'hôpital de la zone avaient notamment été visés.