L'un des principaux gardes du corps de Joseph Kony, chef recherché de la brutale rébellion ougandaise de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA), a été tué en territoire centrafricain, a annoncé lundi l'armée ougandaise qui mène la traque anti-LRA dans les pays de la sous-région.

Publié le 21 janv. 2013
AGENCE FRANCE-PRESSE

Ce garde du corps, connu sous le nom de «Général Binani» a été tué vendredi lors d'un accrochage avec les troupes ougandaises dans la jungle, à environ 280 km au nord de Djéma, près de la frontière avec le Soudan du Sud dans l'est de la Centrafrique, a expliqué à l'AFP le porte-parole de l'armée ougandaise.

«Nous avons eu un renseignement selon lequel le groupe se trouvait là et des escouades ont été déployées pour leur donner la chasse», a déclaré ce porte-parole, Felix Kulayigye.

Selon M. Kulayigye, Binani était, outre la protection de Kony, chargé de la collecte de nourriture et des enlèvements d'enfants, dont la LRA fait des soldats ou des esclaves, notamment sexuels.

Créée vers 1988 dans le nord de l'Ouganda avec l'objectif de renverser le président ougandais Yoweri Museveni pour le remplacer par un régime fondé sur les Dix commandements, la LRA s'est forgé une effroyable réputation à force d'enlèvements d'enfants et de mutilations de civils à grande échelle.

Chassée du nord de l'Ouganda par une offensive militaire en 2006, la LRA, aujourd'hui réduite à quelque 250 hommes, s'est éparpillée en petits groupes, dispersés dans les jungles impénétrables des pays voisins, errant entre République démocratique du Congo (RDC), Centrafrique, Soudan et Soudan du Sud.

L'armée ougandaise, appuyée par une centaine de membres des forces spéciales américaines, fournit la grande majorité des 2800 soldats de la Force régionale d'Intervention (FRI) de l'Union africaine, qui traque Joseph Kony et ses hommes dans ces différents pays.

Joseph Kony et trois de ses adjoints - dont l'un, Vincent Otti, est présumé mort - sont inculpés par la Cour pénale internationale (CPI) de divers crimes contre l'humanité et crimes de guerre, notamment des viols, mutilations, meurtres et recrutements d'enfants.