Au moins 66 personnes, dont des Ivoiriens, ont été tuées samedi au Burkina Faso lors de la collision entre un car de passagers et un camion de marchandises, selon un bilan provisoire d'un des plus meurtriers accidents de la circulation en Afrique de l'Ouest.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«On déplore 96 victimes, dont 66 personnes décédées. Sur les 66, il y en a 55 qui sont complètement calcinées. On a 30 personnes blessées qui sont à l'hôpital», a déclaré sur les lieux de l'accident le ministre des Transports Gilbert Noël Ouedraogo. «Pour les nationalités des victimes, il est difficile de se prononcer. Il y a des Ivoiriens, il y a des Burkinabé. Mais nous n'avons pu identifier que dix personnes. Sur les 55 corps calcinés, l'identification est très difficile», a-t-il ajouté.

Le ministre s'est rendu sur les lieux du drame, près de la localité de Boromo (167 km à l'ouest de Ouagadougou), en compagnie de ses collègues de l'Administration territoriale et de la Sécurité. D'après les premiers éléments de l'enquête, le chauffeur du camion s'est endormi au volant.

Selon le ministre, le car se dirigeait vers le port de San Pedro, dans le sud-ouest de la Côte d'Ivoire, une riche région productrice de cacao, où travaillent de nombreux Burkinabè. Ce véhicule appartiendrait à la société ivoirienne Ba Issa transport (BIT).

Samedi en fin d'après-midi, les corps étaient transportés par des villageois et des parents de victimes vers des tombes individuelles creusées dans la terre à une dizaine de mètres de la route, a constaté un correspondant de l'AFP.

Un jeune homme de 26 ans soulevait de la terre à l'aide d'une pelle pour recouvrir un corps calciné : «c'est mon frère, c'est mon frère. Il partait à San Pedro. Il m'a appelé ce matin pour dire qu'il allait voir les parents qui sont là-bas».

Les carcasses calcinées des deux véhicules se trouvaient à proximité, celle du car ayant été projetée hors de la route sous la violence du choc.

«Les deux véhicules ont pris feu lors de la collision. Les cadavres jonchent la route, il y en a qui sont entre les ferrailles, il y a des corps calcinés qu'on est en train d'enlever. C'est vraiment abominable», avait indiqué un peu plus tôt dans la journée le procureur de Boromo.

«Il y a un car de transports de passagers et un camion transportant du sucre qui sont entrés en collision ce (samedi) matin vers 05H30 (locales et GMT) à six kilomètres de Boromo. Les deux véhicules ont pris feu», avait ajouté le procureur Mme Maïza Compaoré.

La ministre de l'Action sociale Pascaline Tamini a pour sa part présenté les condoléances «les plus attristées» du gouvernement, du premier ministre Tertius Zongo et du président du Burkina Faso Blaise Compaoré aux «familles éplorées».

Il s'agit d'un des accidents de la circulation les plus meurtriers ces dernières années en Afrique de l'Ouest, où les routes sont particulièrement dangereuses, notamment de nuit.

En mai, quarante-cinq soldats nigérians avaient été tués dans un accident de la route dans le nord du pays. Les soldats étaient à bord d'un convoi de sept camions lorsqu'un camion-citerne rempli d'essence venant en sens inverse a percuté l'un des camions militaires.

En mars 2007 en Guinée, soixante-dix personnes avaient trouvé la mort dans un accident de la route près de Guéckédou (sud-est). Un camion, transportant dans sa benne des dizaines de personnes, s'était renversé après s'être engagé sur un étroit pont en bois. Le camion et son chargement s'étaient renversés sur les passagers.