Après avoir battu en novembre dernier le record de longévité au Congrès avec 20 774 jours de service (soit 56 ans et 320 jours), le sénateur démocrate de Virginie-Occidentale Robert Byrd est décédé aux petites heures du matin à l'âge de 92 ans, une semaine après avoir été hospitalisé pour ce qui avait été décrit comme un coup de chaleur. La cause de sa mort n'a pas été dévoilée.

Richard Hétu

Reconnu pour son emphase oratoire et sa connaissance encyclopédique des règles parlementaires, Byrd était aussi la preuve vivante de la capacité de l'homme de changer. Membre du Ku Klux Klan à 24 ans et ségrégationniste dans les années 1960, il a fini sa trajectoire politique en héros de la gauche pacifiste en dénonçant la guerre d'Irak et les «pouvoirs impériaux» de George W. Bush.

Après l'annonce de sa décision d'appuyer Barack Obama lors de la course à l'investiture démocrate pour l'élection présidentielle de 2008, je me souviens d'avoir publié cet extrait d'une lettre que Byrd avait adressée à un sénateur du Mississippi en 1945 :

«Je souhaite de ne jamais me battre aux côtés d'un nègre. Plutôt mourir mille fois, et voir le drapeau américain piétiné dans la boue au point qu'il ne puisse plus être encore hissé, que voir ce pays bien-aimé se degrader par une race de bâtards, une survivance du spécimen le plus noir des terres sauvages.»

Et voici un extrait d'un discours de Byrd en octobre 2003 contre la guerre en Irak :

Ceux qui ont osé montrer la nudité de la politique gouvernementale en Irak ont essuyé du mépris. Ceux qui ont remarqué l'éléphant dans la pièce - à savoir que cette guerre était fondée sur des mensonges - ont vu leur sentiment patriotique remis en question. Ceux qui ont dit tout haut ce que pensaient des centaines de milliers de familles de militaires dans tout le pays : que nos soldats devaient revenir rapidement, sains et saufs, des dangers encourus à l'autre bout du monde, ont été accusés d'être des froussards. Puis nous avons vu les contre-vérités, les tromperies, les falsifications, les raisonnements fallacieux qui entouraient cette course à la guerre en Irak rapidement emballés dans le drapeau.

(Photo AP)