Les États-Unis et leurs alliés arabes ont mené hier soir leurs premières frappes aériennes contre le groupe État islamique en Syrie, ciblant principalement des installations militaires, financières et logistiques, selon cet article du Washington Post.

Publié le 23 sept. 2014
Richard Hétu

Ces premières attaques, qui marquent un tournant dans la politique étrangère de Barack Obama, surviennent plus tôt que prévu. Elles font suite à un appel pressant du chef de la coalition nationale syrienne, Hadi Al-Bahra, qui réclamait des frappes «immédiates» pour  freiner une offensive des djihadistes de l'EI dans le nord-est de la Syrie et éviter une «catastrophe». Cette offensive djihadiste provoque ces jours-ci un exode de réfugiés, kurdes pour la plupart, vers la Turquie, comme le rappelle le New York Times dans cet article.

Agissant seuls cette fois-ci, les États-Unis ont également frappé des combattants de l'organisation Khorasan en Syrie afin «d'empêcher une série d'attaques imminentes contre les États-Unis et des intérêts occidentaux», selon le Centcom. Composé d'anciens membres d'Al-Qaïda, le groupe Khorasan est perçu par les renseignements américains comme étant autant sinon plus dangereux que l'EI en raison de ses objectifs.

Mais la campagne des États-Unis et de leurs alliés en Syrie sera-t-elle efficace? La question se pose après six semaines de frappes aériennes en Irak qui ont réussi à freiner mais non à déloger les djihadistes de l'EI, comme l'explique le Times dans cet autre article. Les correspondants attribuent cette situation en partie à la décision des tribus sunnites de rester à l'écart et à l'incapacité de l'armée irakienne de tenir tête aux djihadistes, qui viennent de s'emparer d'une autre ville (Sichar).

En Syrie, les frappes aériennes des États-Unis et de leurs alliés arabes - le Bahreïn, le Qatar, l'Arabie saoudite, la Jordanie et les Émirats arabes unis - doivent en principe appuyer l'action au sol des rebelles dits modérés, auxquels les États-Unis ont promis équipement et entraînement.

Les premières frappes américano-arabes en Syrie seront donc survenues bien avant même le déploiement des rebelles nouvellement armés et entraînés.