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L'embargo de Poutine fera d'abord mal aux Russes

Pour Vladimir Poutine, le coût politique de l'embargo... (PHOTO ASSOCIATED PRESS)

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Pour Vladimir Poutine, le coût politique de l'embargo sur les produits alimentaires en provenance des pays occidentaux risque d'être faible, estime Dominique Arel, titulaire de la Chaire d'études ukrainiennes à l'Université d'Ottawa.

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En réponse aux sanctions annoncées par l'Union européenne, le Canada, les États-Unis et d'autres pays, le président russe Vladimir Poutine a annoncé un embargo très sévère sur les produits alimentaires en provenance des pays occidentaux. Mais pour l'instant, les sanctions ne parviennent pas à freiner l'escalade de la violence, observe Dominique Arel, titulaire de la Chaire d'études ukrainiennes à l'Université d'Ottawa.

Q: Quelles seront les répercussions de l'embargo décrété par la Russie?

R: Selon Dominique Arel, les premières victimes de cet embargo russe seront les Russes eux-mêmes. «Cet embargo touche à coup sûr des entreprises occidentales, notamment des entreprises canadiennes, mais ça va d'abord frapper les Russes de façon disproportionnée. La première victime, à très court terme, c'est la classe moyenne russe qui a les moyens d'acheter des produits importés.»

Pour Vladimir Poutine, pourtant, le coût politique de cet embargo risque d'être faible. Le président russe sait pertinemment qu'il est bien en selle et que son poste n'est pas en jeu. Selon M. Arel, la logique du gouvernement russe, c'est de riposter politiquement aux sanctions de l'Occident en sachant très bien qu'il n'en fera pas les frais sur la scène intérieure. «Un gouvernement démocratiquement élu ne pourrait pas faire ça, il se ferait lessiver aux élections suivantes. Mais en Russie, ce n'est pas un facteur.»

Q: La Russie pourrait-elle cesser de livrer son pétrole et son gaz à l'Europe?

R: La Russie est un fournisseur incontournable de gaz et de pétrole en Europe. Fermer le robinet de ces produits ferait assurément très mal aux pays européens qui dépendent de la Russie sur le plan énergétique. Mais là encore, la solution pourrait s'avérer pire pour les Russes. «Le gros des exportations russes provient du gaz et du pétrole, signale Dominique Arel. Ce serait donc se tirer dans le pied pour Vladimir Poutine, puisque les revenus de la Russie proviennent en bonne partie du pétrole et du gaz.»

Q: Les sanctions économiques contre la Russie donnent-elles des résultats dans ce conflit?

R: «Politiquement, ça ne donne pas de résultats pour l'instant, on assiste à une escalade», affirme M. Arel. Mais, précise-t-il, la communauté internationale va rester sur ses positions. «Il me semble assez clair que les États-Unis et l'Union européenne ne vont pas changer une virgule de leurs politiques parce que Poutine a décidé de cesser l'importation de produits alimentaires.»

Q À ce jeu, qui va craquer le premier?

R Voilà une question difficile. Jusqu'où l'Occident voudra-t-il pousser les sanctions? On l'ignore, affirme Dominique Arel. Il semble que la Russie soit prête de son côté à endurer toutes ces sanctions économiques afin d'atteindre son objectif politique en Ukraine. «La perception des dirigeants russes, c'est qu'à moyen et long terme, l'Occident n'aura pas la volonté politique de continuer à soutenir l'Ukraine.»

Mais il est aussi très difficile de prédire l'issue de ce conflit. «On ne peut rien prédire, insiste le spécialiste de l'Ukraine. Peu d'experts auraient pu prévoir il y a deux semaines ces sanctions très sérieuses de l'Union européenne. Il y a une frontière qui a été franchie politiquement.»

Q: Le conflit sur le terrain tourne-t-il à l'avantage des Russes?

R: Selon Dominique Arel, il y a un facteur qui n'avait pas été envisagé par les Russes, «c'est que la rébellion est en perte de vitesse considérable». «Les territoires contrôlés par les insurgés se sont rétrécis considérablement depuis un mois. Le conflit se déroule essentiellement dans deux villes, Donetsk et Lougansk.» Toutefois, le coût humain du conflit ne cesse d'augmenter. Selon l'ONU, les combats ont fait plus de 1100 morts en quatre mois et près de 300 000 réfugiés.

«On parle beaucoup de Gaza, où on a presque le décompte des morts en direct, tandis qu'en Ukraine, c'est plus nébuleux. Nous n'avons pas une vision directe de ce qui se passe. Mais dans une ville d'un demi-million d'habitants comme Lougansk, les gens sont privés d'eau et d'électricité. Comment peuvent-ils tenir dans ces conditions?»




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