Le mois dernier, des Canadiens ont acheté pas moins de 17 603 véhicules de concessionnaires américains, selon les plus récents chiffres compilés par le Registre (fédéral) des véhicules importés (RVI) et transmis à La Presse Affaires par Transports Canada. C'est une hausse de 60 % par rapport à août 2006. Le RVI a aussi publié hier les chiffres du mois de juillet 2007: les Canadiens ont acheté 15 260 véhicules de concessionnaires américains. Une hausse de 56 % par rapport à juillet 2006. La tendance s'est accélérée depuis un an, à mesure que l'écart entre les deux devises se comblait: en juillet et en août 2006, le dollar américain était autour de 1,12 et 1,13 cents canadiens; durant les trois mêmes l'été dernier, le dollar américain oscillait entre 1,04 et 1,07 cents.

Denis Arcand

Le mois dernier, des Canadiens ont acheté pas moins de 17 603 véhicules de concessionnaires américains, selon les plus récents chiffres compilés par le Registre (fédéral) des véhicules importés (RVI) et transmis à La Presse Affaires par Transports Canada. C'est une hausse de 60 % par rapport à août 2006. Le RVI a aussi publié hier les chiffres du mois de juillet 2007: les Canadiens ont acheté 15 260 véhicules de concessionnaires américains. Une hausse de 56 % par rapport à juillet 2006. La tendance s'est accélérée depuis un an, à mesure que l'écart entre les deux devises se comblait: en juillet et en août 2006, le dollar américain était autour de 1,12 et 1,13 cents canadiens; durant les trois mêmes l'été dernier, le dollar américain oscillait entre 1,04 et 1,07 cents.

Les constructeurs automobiles tardent à ajuster leurs prix canadiens et ces ventes américaines échappent aux concessionnaires canadiens. Certains consommateurs québécois se sont récemment cogné le nez sur une interdiction de vendre aux Canadiens: «L'été dernier, j'avais commencé à magasiner chez des concessionnaires américains et j'ai trouvé une Toyota Highlander Sport 4X4 à bien meilleur prix là-bas», a dit hier à La Presse Pierre Boivin, vice-président d'Orion Software, de Montréal. «On ne parle pas d'un petit montant: l'écart est de 13 100 $; 33 100 là-bas contre 46 200 $ ici.»

Mais hier, quand M. Boivin a voulu confirmer son achat, il s'est fait dire par le concessionnaire que la chose n'était plus possible. M. Boivin pense qu'il s'agit-là du résultat de pressions des concessionnaires canadiens, frustrés de voir des ventes leur échapper.

La Presse a téléphoné à deux concessionnaires du Nord des États-Unis, Garand's Toyota, de Plattsburgh, et Heritage Automobile, de Burlington. Dans les deux cas, on a indiqué que la consigne récente émanant de Toyota était de ne plus vendre de voitures aux résidents canadiens. Une consigne qui fait mal: «Depuis deux semaines, j'ai dû refuser 50 ou 60 clients canadiens», a dit Ron Brunelle, vendeur chez Garand's Toyota, de Plattsburgh.

Toyota Canada n'a voulu communiquer aucune information. Chez la filiale américaine de Toyota, on a indiqué qu'il existe une politique de longue date d'interdire aux concessionnaires américains de vendre des voitures qui ne seront pas immatriculés aux États-Unis. Si cette consigne est de longue date, elle n'était peut-être pas appliquée avec beaucoup de rigueur: «Chez un des détaillants, on m'a référé à un vendeur dont le travail était presque entièrement de traiter avec les acheteurs canadiens», a dit M. Boivin.