Un bâtiment immense, un matériel impressionnant, des voitures en pièces détachées: le premier site européen industriel de traitement des véhicules en fin de vie, implanté dans le centre de la France, ressemble plus à une chaîne de montage ultra-moderne qu'à une casse.

Didier Beynac

Un bâtiment immense, un matériel impressionnant, des voitures en pièces détachées: le premier site européen industriel de traitement des véhicules en fin de vie, implanté dans le centre de la France, ressemble plus à une chaîne de montage ultra-moderne qu'à une casse.

D'une superficie de 6.000 m2, cette première casse automobile du futur répond aux exigences européennes en terme d'environnement.

Ouverte récemment par la société Re-Source Industrie, elle est située à Pruniers-en-Sologne, près de Romorantin où était installé Matra, le constructeur automobile qui a fermé en juin 2003.

«Les voitures hors d'usage sont déconstruites selon un véritable processus de production industrielle dans la méthodologie, la capacité et la traçabilité. C'est une première européenne», explique le directeur Olivier Gaudeau, ancien directeur des services techniques de Matra qui, avec sept autres anciens de Matra, a travaillé pendant deux ans sur le projet.

Après avoir été identifiée -une centaine de modèles a été entrée sur informatique avec les modalités de démontage-, la voiture est chargée sur la chaîne et le travail commence: dépose des équipements, des fluides, du moteur, du tableau de bord et du pare-brise. La carcasse est compactée ou cisaillée. Le tout dure environ quatre heures.

Certains équipements sont revendus «à des professionnels en pièces d'occasion, dont la traçabilité est garantie. Les autres matières sont orientées vers les filières appropriées en vue de leur recyclage», indique M. Gaudeau.

Le processus diffère largement de la pratique habituelle.

«Actuellement en France, de petites entreprises, de manière souvent artisanale, récupèrent les épaves. La dépollution ne correspond pas toujours aux normes et le recyclage n'est pas optimisé», constate M. Gaudeau. Or une directive européenne «impose une valorisation de 85% des matériaux composant une voiture».

D'ici à quelques semaines, 25 voitures par jour, achetées à des particuliers, garages, concessions ou assurances, seront déconstruites en Sologne, avec un objectif à terme de 50 par jour.

Une vingtaine de personnes -le double quand la casse tournera au maximum- travaillent sur le site, dont des anciens salariés de Matra. «Cela permet de valoriser les compétences», souligne M. Gaudeau.

L'investissement s'élève à 5,7 millions d'euros.

Dans la perspective estimée à 1,8 million de véhicules en fin de vie en France dès 2010, l'ambition de Re-Source Industrie créé par Indra, spécialisé dans la déconstruction automobile, et Sita France, filiale de Suez environnement, est d'installer une quinzaine de centres dans différentes régions.

Le prochain devrait voir le jour en 2008 sur l'ancien site de la fonderie Métaleurop à Noyelles-Godault (nord), spécialisée dans la fabrication et le recyclage du plomb, qui a fermé en 2003.