(MONACO) Lance Stroll n’y est pas allé par quatre chemins, hier, en entrevue : « Le Grand Prix de Monaco, ce n’est pas vraiment de la course. C’est impossible de dépasser et tout est déjà joué après le départ. »

Michel Marois Michel Marois
La Presse

Le pilote québécois de l’équipe Racing Point n’en est pas moins enthousiaste à l’idée de rouler sur ce circuit qui célèbre son 90e anniversaire cette année et où se sont écrits plusieurs chapitres de la légende du sport automobile.

« C’est excitant de rouler si vite entre les rails de sécurité. C’est un circuit qui récompense les risques et il faut toujours être à la limite. Mais c’est difficile de le faire pendant plus de 70 tours, sans commettre d’erreurs. »

PHOTO MAXIM SHEMETOV, ARCHIVES REUTERS

Lance Stroll, de l’écurie Racing Point

Le Mexicain Sergio Pérez, coéquipier de Stroll chez Racing Point, a trouvé une belle formule : « En général, la voiture compte pour 95 % dans les résultats et le pilote pour 5 %. Mais ce 5 % est plus important ici… »

Ce n’est quand même pas beaucoup, et le Français Romain Grosjean, de l’équipe Haas, en a rajouté : « C’est le Grand Prix le plus chiant de l’année, vraiment. Mais c’est aussi le Grand Prix où tout le monde veut venir, celui qui définit pour plusieurs ce qu’est la Formule 1. »

Emblématique

Comment expliquer cet engouement si ce n’est par le cadre dans lequel ce Grand Prix se déroule ? Formidable écrin de luxe et de richesse, Monaco est niché entre la Méditerranée et les escarpements rocheux des Préalpes d’Azur.

À l’image de la principauté elle-même, le circuit exploite au maximum chaque mètre carré, et si le tracé n’a pas vraiment évolué au cours des années, les équipements sont aujourd’hui au niveau de ce qu’on retrouve sur tous les circuits.

« Il n’y a pas de doute que Monaco est le Grand Prix le plus emblématique de la saison, avec la montée après la ligne de départ, la descente ensuite après le casino dans les rues de la ville ; avec le tunnel aussi, où on doit rouler à fond, sans beaucoup de visibilité, avant d’aborder la section du port », a résumé l’Allemand Sebastian Vettel, hier, en point de presse.

« C’est un circuit unique. Pour les pilotes, mais aussi pour les ingénieurs, ce tracé bosselé est complètement à l’opposé de ceux auxquels nous sommes habitués, et c’est ce qui rend ce Grand Prix si difficile. » — Sebastian Vettel

Charles Leclerc, jeune coéquipier de Vettel chez Ferrari, a grandi à Monaco. « Ce sera mon premier Grand Prix à la maison en tant que pilote de la Scuderia et ce sera très spécial. Quand j’étais jeune, je suivais le Grand Prix chez un homme qui habitait dans un appartement avec une terrasse qui surplombait le virage de Sainte-Dévote [juste après le départ]. »

« Nous jouions avec des voitures miniatures pendant que les vraies voitures déboulaient devant nous. Je me suis toujours dit que ce serait bien un jour de pouvoir prendre part à cette course. Et c’est arrivé ! Et le fait que je sois au volant d’une Ferrari cette saison est vraiment la réalisation d’un vieux rêve. »

« Pour bien faire à Monaco, tout doit tomber en place en même temps ; ça prend du courage et de l’audace, une voiture compétitive et de la chance. J’espère réunir tout ça ce week-end et offrir un bon spectacle devant mes compatriotes. »

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Le Monégasque Charles Leclerc (Ferrari) roulera devant ses compatriotes ce week-end.

Les affiches de Leclerc sont partout autour du circuit et la principauté semble s’enflammer un peu plus cette année pour son Grand Prix. On a même refait une bonne partie du revêtement, mais ce sont toujours les rues de la principauté qui sont empruntées, des rues où tout le monde roulait encore hier. Et ce serait étonnant qu’un nouveau tarmac vienne bouleverser une tradition d’ennui à Monaco.

À moins qu’il pleuve, et ce n’est justement pas impossible que des averses viennent perturber le déroulement du Grand Prix ce week-end.

Hommage à Lauda

PHOTO LEONHARD FOEGER, ARCHIVES REUTERS

Niki Lauda

Tout le monde a profité des habituelles conférences de presse précédant le Grand Prix de Monaco pour rendre hommage à Niki Lauda, mort lundi. Très bouleversé par la disparition de celui qu’il considérait comme son mentor, le Britannique Lewis Hamilton a toutefois été excusé de la conférence de presse de la FIA, où il a été remplacé par Valtteri Bottas. Les voitures de l’équipe Mercedes, dont l’Autrichien était le président non exécutif, porteront d’ailleurs une livrée spéciale ce week-end avec l’inscription « Danke Niki » (merci Niki) et la signature de l’ancien pilote sur le nez des voitures, alors qu’une des nombreuses étoiles qui décorent le capot moteur sera rouge. Les équipes Ferrari et McLaren, pour lesquelles Lauda a remporté ses titres mondiaux, ont aussi indiqué qu’elles souligneraient sa disparition.

Dès aujourd’hui

PHOTO TIRÉE DU COMPTE TWITTER @DAMSRACING

Nicholas Latifi

Le dernier vendredi de mai est férié à Monaco, et c’est traditionnellement le jeudi (aujourd’hui) que sont présentées les deux premières séances d’essais libres du Grand Prix. Depuis quelques années, on roule quand même le vendredi, avec des épreuves réservées aux séries annexes. Il faudra suivre tout particulièrement la première course du Grand Prix de Formule 2, où le Canadien Nicholas Latifi occupe actuellement le premier rang du classement avec trois victoires en six courses.