Mine de rien, le Piknic Électronik a finalement trouvé sa place pendant Osheaga, se contentant d'une petite clairière entre les scènes des arbres et verte pour disposer de quelque chaises de plastique et d'un volumineux système de son.

Philippe Renaud, collaboration spéciale LA PRESSE

Devenu, en quelque sorte, le « chill out » du festival, aux dires d'un des membres de l'équipe du rendez-vous dominical, la scène du Piknic avait tout de même de la musique musclée à proposer en ce bel après midi placé sous le signe de l'avant-garde électro britannique.

À 15h, c'est le DJ, producteur et remixeur londonien Roska qui a pris le contrôle des platines, devant une foule clairsemée, ce qui ne devait pas lui être habituel compte tenu de son statut de force montante de la scène UK house. Le gaillard ne s'est pas démonté et a enfilé les grooves syncopés et fertilisés en basse fréquences typiques au genre, qu'il enrichit personnellement d'influences techno.

Les deux pieds sur le gazon, devant la scène, le son est fort et coulant à point - on ne peut pas en dire autant de la pauvre scène verte jusqu'à côté qui, en plus de subir les contrecoups de ses voisines, connaît des problèmes techniques qui ont dérangé Owen Pallett et Japandroids plus tôt en journée.

Ensuite, session dubstep avec Mary-Anne Hobbs, DJ et, surtout, animatrice à la radio de la BBC, où il partage sa passion et sa découverte. Partageait, l'apprenions-nous : la « première dame » du dubstep aurait tout récemment accepté un poste d'enseignante dans une université, elle va malheureusement devoir céder la barre de son influente émission dans un avenir rapproché. Snif!

Pour l'heure, son set, c'était du bonbon. Hobbs débarque avec des gigaoctets de nouveautés, d'inédits et de dubplates; sa version remixée du Come Around du chanteur reggae Collie Budz fut un moment de soleil dans sa performance autrement teigneuse, aux basses qui déchirent et qui, par rares moments, frôle le soul. Solide - et qu'est-ce que ce sera demain, avec Major Lazer!