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Festival du monde arabe: Zohreh Jooya et son côté afghan

Zohreh Jooya... (Photo fournie par le FMA)

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Zohreh Jooya

Photo fournie par le FMA

De l'Afghanistan, on retient généralement des histoires de guerre de clans, d'intégrisme taliban, de violence faite aux femmes, de crimes d'honneur, de corruption étatique et plus encore du côté sombre. Il existe pourtant là-bas des zones de lumière, notamment une culture traditionnelle que des êtres raffinés ont élaboré au fil des siècles et dont les descendants s'appliquent à transmettre la fine fleur au monde entier.

La soprano Zohreh Jooya est de ceux-là. Voyez sa trajectoire:

«Ma mère est iranienne, mon père est afghan, je suis iranienne, j'ai grandi dans une zone proche de la frontière afghane. Je suis née et j'ai grandi à Mashad, dans la partie nord-est de l'Iran. Herath, la ville d'où provient mon père, se trouve près de la frontière iranienne.  Pendant des siècles, il faut dire, les frontières entre la Perse et l'Afghanistan étaient beaucoup plus fluides. Toutefois, lorsque mon père est venu s'établir en Iran, c'était devenu rigide. Depuis lors, retourner en Afghanistan est devenu très dangereux pour les raisons que l'on sait. C'est d'ailleurs pourquoi je n'y suis jamais allée même si j'y ai vécu tout près», raconte la chanteuse.

Douée pour le chant, elle a quitté  très jeune sa région natale, soit le nord-est de l'Iran, afin d'étudier la musique en Europe. D'abord en Hollande puis en Autriche au réputé  Konservatorium de Vienne où elle a fait des études de maîtrise.  Et où elle a été jointe au téléphone, quelques jours avant son arrivée à Montréal.

«J'ai quitté mon pays afin de venir étudier la musique classique européenne. Je me suis finalement établie en Autriche au terme de mes études. Cela étant, je rentre régulièrement en Iran pour y visiter ma famille mais je n'y chante pas, les femmes n'y étant pas autorisées à chanter professionnellement. J'aime retrouver mes racines en Iran et... je n'ai pas le choix de rester optimiste pour l'avenir de mon pays.»

Pour l'artiste expatriée, la meilleure façon d'entretenir l'espoir est de chanter son patrimoine.

«Parallèlement à ma carrière de chanteuse classique, j'ai redécouvert mes racines iraniennes et afghanes, sans compter les cultures musicales qui les voisinent. J'en suis très heureuse, car ce répertoire traditionnel et les fusions qui en émanent occupent aujourd'hui une large part de mon univers musical. Bien sûr, vivre ailleurs qu'en Iran ou en Afghanistan ont généré des différences d'interprétation que j'assume. Et puisque je chante toujours la musique classique européenne...»

Zohreh Jooya n'en demeure pas moins ambassadrice de ces patrimoines méconnus en Occident.

«Au Festival du monde arabe de Montréal, annonce-t-elle, le répertoire sera essentiellement composé de chants traditionnels afghans. Ces chants varient légèrement d'une région à l'autre de l'Afghanistan, d'une tribu à l'autre, d'une langue à l'autre (pachto, dari). Elles illustrent la force de caractère des Afghans, leurs croyances, leur habitat naturel, leur amour pour l'autre, etc.   Je suis très heureuse de venir présenter ce répertoire chez vous, car plusieurs clichés et préjugés persistent à l'endroit de la société afghane. Je m'applique à venir en montrer un autre visage. Le répertoire afghan, il faut dire, n'est pas la seule corde à mon arc oriental. Je chante aussi des musiques d'Iran, du Tadjikistan ou même d'Inde. Certains de mes concerts, d'ailleurs, consistent à faire se rencontrer ces traditions.»

Pour Zohreh Jooya, il y a toujours un pont à traverser.

«Rien n'est pur dans mon développement, souligne-t-elle. En ce qui a trait à mon répertoire oriental, par exemple, je le fais généralement avec l'instrumentation originelle mais en y ajoutant un touche personnelle tout en en respectant les bases. La musique orientale, il faut dire, est fondée sur des structures différentes de la musique classique occidentale. Ses parcours mélodiques admettent l'improvisation, ce qui m'a menée récemment à travailler avec de musiciens de jazz. Je mets de l'avant un nouveau projet de jazz à l'orientale, la réaction est déjà très positive. En fait, j'aime cette rencontre d'artistes issus de différents horizons et qui mène chacun à l'inédit.»

On comprendra sa conclusion: «Les musiques que je chante ressemblent à ma vie.»

Dans le cadre du Festival du monde arabe, Zohreh Jooya se produit ce dimanche, 20h, à la 5e salle de la Place des Arts.




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