«Allez, on proteste contre le froid», a lancé hier soir David Bussières, moitié d'Alfa Rococo, lors de la soirée inaugurale du volet extérieur du 10e festival Montréal en lumière.

Mis à jour le 20 févr. 2009
Paul Journet LA PRESSE

Malgré leur agréable concert, l'événement a commencé plutôt tranquillement. Des percussionnistes ont étiré l'ouverture des festivités, sans véritable ligne directrice. Puis, sans trop d'avertissements, les deux écrans géants indiquaient vers 20h20 que les feux d'artifice exploseraient dans 25 secondes. Ils ont duré aussi longtemps que le décompte les annonçant. Moins d'une minute plus tard, le ciel était redevenu sombre.

 

Une foule plutôt sage et modeste a assisté à l'événement. Elle se divisait en deux clans. Les plus motivés, qui s'étalaient sur environ 15 mètres devant la scène. Et les plus frileux, réfugiés plus loin derrière dans le petit dôme muni de plaques chauffantes. «Eh! les poulets frits, venez en avant», les a défiés comiquement David Bussières, coiffé d'un chapeau d'aviateur en mouton.

Sur scène, Alfa Rococo offre toujours une version plus musclée et groovy de ses pièces. C'était le cas hier, pour le mieux. Accompagnés de quatre musiciens, Bussières et la chanteuse Justine Laberge se sont même permis une reprise de Réalité, bombe des Maliens Amadou et Mariam.

Justine Laberge dansait avec son tambourin étoilé, la tête blottie dans son capuchon en fourrure, pendant que virevoltait la queue de raton-laveur coincée dans la poche arrière de son jeans. À part pour la musique, on se sentait loin du Mali.

Pied de nez festif

Le volet extérieur se poursuit jusqu'à ce dimanche, et il reprend du vendredi 27 février au dimanche 1er mars. En se promenant sur l'emplacement, on a l'impression que ce volet relève de la résistance. Un pied de nez festif à l'hiver qui emmerde. Oui, on se les gèle. Oui, il manque de lumière en février. Mais au lieu de broyer du noir, le Festival illumine le Vieux-Port pour que les Montréalais s'approprient la ville. Un beau pari.

Les installations sont bien pensées. Il y a la patinoire devant le fleuve, les bars à vins, des poubelles en feu pour les guimauves, une glissade sur la place Jacques-Cartier et un spectacle gratuit la plupart des soirs à 20h15 (Payz Play ce soir, Mauvais Sort demain), suivi à 21h de party avec différents DJ.

Acrobates, cracheurs de feu et autres amuseurs publics défilent entre les gens. Il y a même une grande roue, qui ne fonctionne heureusement pas à l'énergie hydraulique. Surprise, le vent mordant fouette le visage au sommet. «T'as oublié de mettre un vrai manteau d'hiver», nous a dit l'opérateur. Bonne observation.