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Critique de Harry Potter and The Half-Blood Prince

À minuit une minute hier, j'ai reçu mon exemplaire de Harry Potter and the... (Photo AFP)

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Sonia Sarfati
La Presse

À minuit une minute hier, j'ai reçu mon exemplaire de Harry Potter and the Half-Blood Prince (Bloomsbury). Ma mission: le lire d'une traite pour en publier la critique aujourd'hui. Ma réaction: je n'y arriverai pas (on ne rajeunit pas!). Mais 12 heures plus tard, en refermant cet avant-dernier titre de la série de J.K. Rowling: je remettrais ça n'importe quand!

Préparez-vous à être secoué.J.K. Rowling, on le sait, a déjà tué à deux reprises- littérairement parlant, bien sûr. Une fois dans Harry Potter et la coupe de feu. Une fois dans Harry Potter et l'Ordre du Phénix. Le proverbe Jamais deux sans trois l'obligeait presque à récidiver. La rumeur allait d'ailleurs dans ce sens.

Ni l'un ni l'autre ne se trompait.

Lancé hier partout sur la planète, Harry Potter and the Half-Blood Prince (que Gallimard sortira le 1er octobre sous le titre de Harry Potter et le prince de sang-mêlé), plus sombre encore que les titres qui l'ont précédé, contient des pages déchirantes dans lesquelles les lecteurs suivront la disparition d'un personnage auquel tous s'étaient attachés. Et ces pages-là sont ce que la romancière a fait de mieux, de plus convaincant lorsqu'elle a eu à mettre un point final à la vie d'une des créatures d'encre et de papier qu'elle a créées.

L'identité de la victime causera un choc. Mais il y a plus. Il y a aussi les circonstances du drame, la manière dont il est raconté. Et, enfin, le meurtrier. Son identité, elle aussi, risque d'en ébranler certains. Après tout, on a tous nos chouchous. Ils peuvent être parmi les gentils, et on serre les dents pour qu'ils demeurent sur le droit chemin. Ils peuvent être parmi les méchants- et on espère qu'il existe une explication à leur comportement, ce qui pourrait suggérer une possible rédemption.

C'est d'ailleurs l'une des forces de ce sixième et avant-dernier Harry Potter: J.K. Rowling est allée fouiller dans le passé des personnages et apporte un éclairage très troublant sur plusieurs d'entre eux. Le voile qu'elle soulève, notamment, sur les origines de Voldemort! On n'est pas près d'oublier ce qui pourrit là derrière. Et comment ne pas saluer l'imagination dont elle fait preuve pour éclaircir, à l'occasion de ces retours en arrière, des points demeurés flous dans les livres précédents? Pourquoi Voldemort a-t-il survécu au sort mortel qui lui est revenu dessus après avoir tenté d'assassiner le petit Harry? Comment fonctionne le journal de Tom Jedusor trouvé par Ginny dans La Chambre des secrets? Pourquoi le Seigneur des Ténèbres hait-il à ce point les sorciers au sang «impur»?

Ces «flous», comprend-on maintenant, n'en étaient pas. Ils étaient des points de suspension. La romancière savait par quoi les remplacer et quand. Il devient alors de plus en plus difficile de ne pas croire J.K. Rowling quand elle affirme qu'elle a, depuis toujours, le plan précis de l'ensemble de la série. Il y a de la préméditation et de la planification là-dedans! Et du talent. Et de l'expérience.

The Half-Blood Prince serait-il, alors, le meilleur des six tomes jusqu'ici parus? Peut-être. Il faudra le relire à une vitesse... un peu moins «grand V» pour vérifier s'il surpasse Le Prisonnier d'Azkaban. Chose certaine, si ce n'est pas le cas, il le talonne. Ce, malgré une première partie qui privilégie les dialogues à l'action, d'où l'impression de lenteur et de longue mise en place- nécessaire, peut-être, pour remettre dans le bain ceux qui n'auraient pas relu récemment L'Ordre du Phénix (quelle négligence!).

Ainsi, après une entrée en matière carrément politique- nous sommes en présence du premier ministre des Moldus (les non-sorciers) et du nouveau ministre de la Magie-, la romancière resserre tranquillement son attention sur Harry et ses amis, qui ont maintenant 16 ans. Les relations vont changer entre eux- il y a de l'amour mais aussi de la tension (toutes sortes de tensions) dans l'air!- mais aussi avec les adultes qui les entourent. Le rapport entre Harry et le professeur Dumbledore évoluera de manière particulièrement étonnante et forte.

Fidèle à elle-même, J.K. Rowling utilise encore le fantastique pour aborder des thématiques actuelles. La religion et la pureté de la race en sont. Par exemple, quand Bellatrix, si belle de corps mais si noire d'âme, déclare: «Si j'avais des fils, je serais heureuse de les abandonner pour qu'ils entrent au service du Seigneurs des Ténèbres», on ne peut que penser à certains camps d'entraînement qui enrôlent (!) des enfants.

Et «le prince de sang-mêlé», dans tout ça? Il fait son apparition dans le roman par l'intermédiaire d'un livre scolaire, en page 183. Il faudra toutefois en tourner bien d'autres, cheminer sur de fausses pistes... pas toujours si fausses que ça, pour découvrir son identité. Elle surprendra. Cela aussi fait partie de la signature de J.K. Rowling: le lecteur ne voit tellement pas venir le coup qu'il en sort K.-O. Et c'est OK.




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