(Toronto) À Toronto, les organisateurs d’une exposition immersive sur Van Gogh ont eu une idée pour concilier art et pandémie : créer un espace et un spectacle destinés exclusivement aux automobilistes, une initiative présentée comme une première mondiale.

Olivier MONNIER
Agence France-Presse

Cette exposition dans l’univers du célèbre peintre devait démarrer début mai à Toronto, mais l’épidémie de coronavirus a forcé les organisateurs à repousser la première et à trouver des solutions de rechange.

« À cause de la COVID-19, on a dû penser de manière créative », explique à l’AFP Corey Ross, le coorganisateur de l’exposition.

Alors que la plus grande ville canadienne se déconfine progressivement, l’exposition Immersive Van Gogh a pu démarrer cette semaine. Avec deux salles : l’une – avec des cercles de distanciation physique projetés au sol – pour ceux qui préfèrent marcher, l’autre destinée aux voitures.

PHOTO TIRÉE DU COMPTE INSTAGRAM @IMMERSIVEVANGOGH

Voir le spectacle du confort de sa voiture permet aux plus fragiles – et aux plus inquiets – d’apprécier l’art en toute sécurité, dit-il. C’est aussi une expérience unique.

« Vous n’avez jamais eu d’expérience comme celle-ci depuis votre voiture, » dit M. Ross.

C’est comme si la voiture flottait à travers les œuvres d’art.

Corey Ross, coorganisateur de l’exposition

Le spectacle a été élaboré en collaboration avec les créateurs de l’exposition Van Gogh, La nuit étoilée, présentée l’an passé à l’Atelier des Lumières à Paris.

Au volant d’une Plymouth

Similaire dans le concept, l’exposition de Toronto est une expérience d’art numérique avec des œuvres du peintre néerlandais animées et projetées en grand format sur de larges murs.

Prévue pour les piétons, l’exposition a été adaptée pour les automobilistes : la salle peut contenir environ dix voitures, qui se garent sur des emplacements désignés.

Les moteurs restent éteints pendant la projection, accompagnée de musique. La hauteur des œuvres a été réduite pour qu’elles puissent être vues à travers le pare-brise.

Assis derrière leur volant, téléphone à la main pour prendre des photos et enfants sur les genoux, les visiteurs sont plongés pendant 35 minutes dans l’univers du peintre.

Jessica Counti est venue en famille pour la première du « drive-in » vendredi matin pour fêter l’anniversaire de sa sœur.

« C’est vraiment une expérience d’immersion que l’on ne peut pas avoir dans une galerie d’art classique, » dit la jeune fille de 17 ans. « J’ai vraiment aimé même si on ne peut pas se balader parmi les œuvres d’art. »

De l’autre côté de la pièce, Patrick Corcoran, 52 ans, a vécu le spectacle au volant de sa voiture de collection, une Plymouth de 1950.

Juste le fait d’être dans sa voiture […] et apprécier l’art… C’était confortable. Et avec tout ce qui se passe dans le monde avec la COVID-19, c’est sécurisé.

Patrick Corcoran, visiteur en automobile

S’il est ravi du succès de son concept, Corey Ross pense que le phénomène sera pourtant temporaire.

« Dès qu’on aura l’occasion de vivre l’art de la façon dont on l’aime, c’est-à-dire en groupe, avec des gens avec qui on peut parler, rencontrer des inconnus […] et faire partie d’une communauté, je pense qu’on retournera vers cela, » dit-il.

La salle pour automobilistes affiche quasi complet jusqu’à la fin, prévue le 9 août. L’exposition pour les piétons doit se poursuivre jusqu’à fin septembre.