Une pandémie, ce n’est pas ce qui va empêcher les galas de l’ADISQ d’avoir lieu cet automne. Si des artistes bien établis comme les Cowboys Fringants et Louis-Jean Cormier dominent les sélections, six autres brillent par leur absence après avoir été retirés du recensement des albums dans la foulée de la vague de dénonciations de juillet dernier. Tour d’horizon.

Émilie Côté Émilie Côté
La Presse

Les Cowboys Fringants et Louis-Jean Cormier sont les grands favoris des prochains galas de l’ADISQ avec six sélections, suivis de cinq pour Bleu Jeans Bleu et quatre pour Flore laurentienne et Alexandra Stréliski.

Neuf artistes ont été retenus dans trois catégories : soit Les sœurs Boulay, Loud, Marie-Pierre Arthur, KNLO, Elisapie, 2Frères, Ludovick Bourgeois, Pierre Lapointe et Patrick Watson.

Les artistes qui dominent les sélections

  • Louis-Jean Cormier a été retenu dans six catégories artistiques : meilleur album adulte contemporain, choix de la critique, auteur ou compositeur de l’année, chanson de l’année, interprète masculin de l’année et meilleur vidéo.

    PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

    Louis-Jean Cormier a été retenu dans six catégories artistiques : meilleur album adulte contemporain, choix de la critique, auteur ou compositeur de l’année, chanson de l’année, interprète masculin de l’année et meilleur vidéo.

  • Les Cowboys Fringants sont finalistes dans six catégories : choix de la critique, meilleur vendeur, meilleur album rock, chanson de l’année, groupe ou duo de l’année et vidéo de l’année.

    PHOTO HUGO-SEBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

    Les Cowboys Fringants sont finalistes dans six catégories : choix de la critique, meilleur vendeur, meilleur album rock, chanson de l’année, groupe ou duo de l’année et vidéo de l’année.

  • Cinq sélections pour Bleu Jeans Bleu : meilleur vendeur, chanson de l’année, meilleur groupe ou duo, spectacle de l’année et vidéo de l’année.

    PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

    Cinq sélections pour Bleu Jeans Bleu : meilleur vendeur, chanson de l’année, meilleur groupe ou duo, spectacle de l’année et vidéo de l’année.

  • Quatre sélections pour Flore laurentienne : choix de la critique, meilleur album instrumental, auteur ou compositeur de l’année et révélation de l’année.

    PHOTO MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

    Quatre sélections pour Flore laurentienne : choix de la critique, meilleur album instrumental, auteur ou compositeur de l’année et révélation de l’année.

  • Quatre sélections pour Alexandra Strélinski : meilleur vendeur, artiste de l’année ayant le plus rayonné hors Québec, interprète féminine de l’année et spectacle de l’année.

    PHOTOS MARCO CAMPANOZZI, ARCHIVES LA PRESSE

    Quatre sélections pour Alexandra Strélinski : meilleur vendeur, artiste de l’année ayant le plus rayonné hors Québec, interprète féminine de l’année et spectacle de l’année.

  • Trois sélections pour Elisapie : artiste autochtone de l’année, artiste de l’année ayant le plus rayonné hors Québec et spectacle de l’année.

    PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

    Trois sélections pour Elisapie : artiste autochtone de l’année, artiste de l’année ayant le plus rayonné hors Québec et spectacle de l’année.

  • Trois sélections pour 2Frères : chanson de l’année, meilleur album adulte contemporain et groupe ou duo de l’année.

    PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

    Trois sélections pour 2Frères : chanson de l’année, meilleur album adulte contemporain et groupe ou duo de l’année.

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C’est en direct du studio 42 de Radio-Canada que Louis-José Houde animera le 1er novembre la remise de prix principale. Ce sera son 15e Gala de l’ADISQ, mais le premier où il devra respecter des mesures sanitaires strictes. « Tout un défi », reconnaît Julie Gariépy, productrice exécutive et directrice des galas de l’ADISQ.

« Ce sera le gala tel qu’on le connaît avec le même nombre de trophées remis et de performances. On sait qu’il n’y aura pas de membres du public et de l’industrie. Maintenant, qui sera dans la salle ? Même nous, nous ne le savons pas encore », expose-t-elle.

Quant au premier gala, il sera piloté pour la deuxième année par Pierre Lapointe, mais il sera préenregistré. La remise de trophées des catégories industrielles sera virtuelle, animée une fois de plus par Claudine Prévost.

Un coup d’œil sur la liste des finalistes impose un constat : elle est dominée par des musiciens de sexe masculin. « Les hommes sont dans le peloton de tête, mais il y a plus de femmes en nomination qu’avant », soutient Julie Gariépy.

Depuis trois ans, l’ADISQ constate que 39 % des sélections sont féminines, soit plus que le recensement des albums, où les femmes sont environ 35 %.

Julie Gariépy se réjouit du fait que, malgré la pandémie, il y ait autant d’albums recensés cette année (et même 26 premières sélections). « Cela donne tout son sens au gala. »

Face à la quasi-absence de spectacles, les galas de l’ADISQ seront plus que jamais une vitrine pour les artistes. Ils permettront aussi de faire le pont avec le public, fait valoir Julie Gariépy. Pour des artistes établis comme Marie-Pierre Arthur et Louis-Jean Cormier, mais aussi pour des artistes émergents, qui « eux, l’ont eu difficile. Tant mieux si on peut leur donner un coup de pouce », ajoute Julie Gariépy.

Trois catégories prestigieuses pour Marie-Pierre Arthur

« Toutes les petites vies que le disque peut avoir, je les prends », lance Marie-Pierre Arthur, finaliste dans trois catégories de pointe pour Les feux pour voir. Un quatrième album qu’elle a lancé en janvier, moins de deux mois avant le confinement qui l’a forcée à annuler des dizaines de spectacles.

« Les nominations viennent confirmer que l’album existe. C’est égoïste de dire cela, mais c’est difficile de faire le deuil de jouer un disque. Ce n’est pas terriblement difficile à vivre, nuance-t-elle, mais quand il arrive quelque chose de positif, je crave… »

« J’ai plein de shows prévus en 2021, mais on ne sait pas ce qui va se passer. Peut-être que c’est un disque que je n’aurai jamais tourné […] En même temps, les tounes peuvent se rendre quand même au monde. »

Marie-Pierre Arthur se retrouve pour la deuxième fois dans la catégorie de l’interprète féminine de l’année. La preuve que Marie-Pierre Arthur est devenue une artiste incontournable du paysage musical québécois.

Je ne sais pas d’où sort cette nomination [au titre d’interprète féminine de l’année]. Mais ça fait du bien. Ça concrétise ce que je fais. Je suis dans la tête de mon milieu. En vieillissant dans ma carrière, je veux savoir que c’est pertinent que je sois là.

Marie-Pierre Arthur

Avec l’album La mort des étoiles, Les sœurs Boulay s’illustrent aussi dans trois catégories prestigieuses, soit groupe ou duo de l’année, meilleures autrices-compositrices et meilleur album adulte contemporain. Mélanie et Stéphanie Boulay ont mis leurs engagements professionnels sur pause plus tôt ce mois-ci, mais elles ont néanmoins réagi à la nouvelle sur les réseaux sociaux. « Ça change pas le monde mais nous touche beaucoup », ont-elles écrit.

Soulignons que Flore laurentienne, le projet instrumental de Mathieu David Gagnon, est finaliste dans quatre catégories artistiques de pointe (et dans deux catégories dites « industrielles »), soit révélation et auteur-compositeur de l’année, ainsi que choix de la critique et meilleur album instrumental. Après le triomphe de la pianiste Alexandra Stréliski l’an dernier (qui revient en force cette année avec quatre sélections), il confirme la soif du public québécois pour le néo-classique.

Les 10 finalistes pour le Félix de la chanson de l’année sont À tous les vents, de 2Frères, Coton ouaté, de Bleu Jeans Bleu, Que sera ma vie, de Ludovick Bourgeois, Aime-moi encore, de Roxane Bruneau, Ne m’appelle pas, de Cœur de pirate, Je me moi, de Louis-Jean Cormier, Le bonheur, de Corneille, Par amour, de Lara Fabian, L’Amérique pleure, des Cowboys Fringants et Pour toi, d’Ariane Moffatt.

C’est un vote du public qui déterminera le gagnant dans cette catégorie.

KNLO en lice pour le prix de l’auteur-compositeur de l’année

Mine de rien, les années passent et le rap fait sa place aux galas de l’ADISQ. Comme Loud, KNLO obtient trois sélections, notamment pour l’auteur-compositeur de l’année (aux côtés de Flore laurentienne, des Sœurs Boulay, de Pierre Lapointe et de Louis-Jean Cormier).

« Les rappeurs se faufilent tranquillement », lance KNLO.

Le membre d’Alaclair ensemble a lancé l’album Sainte-Foy en juin 2019 et CLUB mixtape 2020 en juin de cette année. Il vient aussi d’enregistrer la chanson C’est beau ! pour la téléréalité OD Chez nous.

Malgré la pandémie, il demeure positif et réaliste. « La musique va toujours servir, peu importe le contexte, lance-t-il. Et la musique va toujours faire partie de ma vie. »

Que ce soit quand il visite une école ou quand il accepte un contrat avec OD, il se considère comme « un ouvrier de la musique ». « Les nominations à l’ADISQ sont une reconnaissance de mon parcours, dit-il. Mais chaque artiste fait de son mieux et on connaît tous quelqu’un de meilleur de nous qui n’est pas nommé. »

Six artistes exclus du recensement

À la suite de la vague de dénonciations de juillet dernier, l’ADISQ a retiré six artistes du processus de recensement. L’organisation ne veut pas donner leurs noms, notamment pour des raisons juridiques. On sait néanmoins que Bernard Adamus en fait partie puisque l’ADISQ en avait fait l’annonce officielle en juillet. L’exclusion a été décidée par le conseil d’administration « si l’artiste a admis avoir mal agi et si l’entreprise avec qui il fait affaire, parfois depuis fort longtemps, s’est dissociée de lui », nous a expliqué récemment Solange Drouin, vice-présidente aux affaires publiques et directrice générale de l’ADISQ.

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