Quelle magnifique année ! Six ans après sa promotion du Conservatoire d’art dramatique de Montréal, la carrière de Catherine Chabot a (vraiment) pris son envol en 2019. « C’est l’année où je suis arrivée à ce qui commence », résume-t-elle, en citant une phrase du poète Gaston Miron, inscrite sur un mur du Conservatoire. Et 2020 s’annonce tout aussi beau.

Luc Boulanger Luc Boulanger
La Presse

Cette année, Catherine Chabot a connu le succès public et reçu la reconnaissance de la critique, en plus de vivre de grands moments de bonheur et de joie. Deux longs métrages, une série télé (la saison 2 de Léo sur illico) et deux pièces de théâtre se sont ajoutés à son bagage. La comédienne a fait des rencontres déterminantes, dont celle du réalisateur de Menteur, Émile Gaudreault.

« C’est un moment cardinal, lance-t-elle. Dans ma vie, il y a avant et après ma rencontre avec Émile. Il est un mentor, un ami et un collaborateur avec qui je développe de beaux projets. »

D’ailleurs, la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) a annoncé cette semaine qu’elle financera la production d’un long métrage adapté de sa pièce Lignes de fuite. Le tournage de cette comédie dramatique qui raconte les « retrouvailles mouvementées de trois amies du secondaire » doit avoir lieu à l’été 2020.

« Dans la vie, ce n’est pas toi, mais la carrière qui te choisit, avance l’actrice et auteure. Après avoir déposé durant six ans les briques sur la structure de ma maison, à 31 ans, je me sens désormais prête, intérieurement. Aujourd’hui, je me fais plus confiance pour réaliser tous les projets qu’on me propose. »

Retour sur une année fabuleuse, en cinq photos de sa collection.

Le 10 mars : soir d’avant-première de Lignes de fuite (au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui)

PHOTO JULIEN VERONNEAU

Le soir de la « générale » de Lignes de fuite, Catherine Chabot pose avec les interprètes. À ses côtés, sur la seconde rangée, on voit Maxime Mailloux et Victoria Diamond. Au premier rang, Lamia Benhacine, Benoît Drouin-Germain et Léane Labrèche-Dor. 

« Je suis entourée d’une belle gang d’acteurs, mais j’ai une boule de stress dans le ventre », confie-t-elle. L’auteure et actrice est nerveuse, parce que c’est son premier texte produit par le Théâtre d’Aujourd’hui, dans une mise en scène de Sylvain Bélanger, directeur de cette compagnie vouée à la création québécoise. Les attentes sont élevées... mais Chabot gagne son pari. Lignes de fuite va remporter, début décembre, le prix du meilleur texte original 2019 remis par l’Association québécoise des critiques de théâtre (AQCT). Et la production sera reprise au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, du 10 au 21 novembre 2020. 

Comment voit-elle sa trajectoire professionnelle qui la propulse du théâtre de création aux comédies populaires ? « En art, je ne différencie pas les genres, répond Chabot. Ça ne m’intéresse pas de faire du théâtre, du cinéma uniquement pour l’élite, le milieu culturel. Or, cela ne veut pas dire de niveler par le bas. À mes yeux, les gens se trompent en croyant que l’art populaire, c’est de niveler par le bas. »

Catherine Chabot a un frère bûcheron. Dans le doute, il lui sert de référence pour guider ses choix, lorsqu’elle écrit une pièce ou un scénario. « Je me demande chaque fois : “Est-ce que je vais arriver à toucher mon frère avec ce texte, cette scène ?” »

Le 8 juillet : tapis rouge de Menteur (à la Place des Arts)

PHOTO ALEXANDRA LOISELLE GOULET

« Cette photo représente tout le bonheur de cette journée chargée d’émotions lors de la première du film d’Émile [Gaudreault] », explique l’actrice originaire de Lac-Beauport. Une journée très spéciale aussi, parce que toute ma famille et mes amis sont à Montréal [une trentaine de personnes !]. J’étais entourée des gens que j’aime et sans leur amour, leur soutien, je ne pourrais pas faire ce métier. »

Anecdote. La veille du lancement, Catherine Chabot remarque une grosse tache sur la robe qu’elle devait porter sur le tapis rouge de Menteur… « Avec ma mère et ma tante, j’ai couru toute la journée dans les boutiques de la ville, pour trouver une autre robe. Celle que je porte finalement, je l’ai dénichée dans une friperie de Saint-Henri. Ma mère et ma tante ne comprenaient pas pourquoi j’achetais pas une robe neuve [rires] ! »

Le 30 septembre : tournage du film Le guide de la famille parfaite (à Boucherville)

PHOTO JEAN-FRANÇOIS DESJARDINS

Dans la prochaine comédie de Ricardo Trogi, Catherine Chabot joue Marie-Soleil, la seconde conjointe du personnage incarné par Louis Morissette — également coscénariste. La jeune mère de famille perfectionniste est obsédée par l’éducation de son fils. « Elle est incapable de remettre son fils à sa place. Elle a arrêté de travailler et se plie aux quatre volontés de son enfant-roi. Sur la photo, je porte un équipement de hockey pour jouer avec lui dans l’entrée du garage. »

À son avis, c’est un art d’être capable de parler au plus grand nombre. « Avec leurs films, Ricardo et Émile peuvent toucher et faire rire le public de Montréal à Baie-Comeau, dit la comédienne. Je leur lève mon chapeau ! Parce que c’est plus difficile de faire rire les gens que de les faire pleurer au cinéma. »

La sortie du Guide de la famille parfaite est prévue au printemps ou à l’été 2020.

Le 4 décembre : dernière représentation des Amoureux (au Théâtre Denise-Pelletier)

PHOTO ISABEAU BLANCHE

« Dans notre loge, juste avant d’entrer en scène, je pose avec mon partenaire de jeu, Maxime Genois, que j’ai connu au Conservatoire. Il est 10 h 30. Il s’agit de la toute dernière représentation devant le public étudiant. Nous sommes émotifs, juste à l’idée de devoir nous laisser après le show. Isabeau Blanche, qui joue aussi avec nous, a pris cette belle photo de nous deux. Elle montre toute notre complicité. »

Les amoureux, une comédie de Goldoni, dans une relecture de la metteuse en scène Catherine Vidal, représente l’un des rares rôles classiques que Chabot a faits en carrière. « Mais j’étais choyée parce que je faisais partie d’une merveilleuse équipe d’interprètes. On était soudés. »

Le 30 août : ses fiançailles (au bar Cicchetti)

PHOTO AUDREY SAINT-LAURENT

Comble de joie ! En 2019, Catherine Chabot s’est aussi fiancée avec son amoureux. « Après une chasse au trésor, mon chum m’a invitée au restaurant pour me faire la grande demande et m’offrir une bague de fiançailles. Après le souper, on est allé au bar Cicchetti, dans le Mile-Ex. J’ai eu droit à une autre surprise : il avait invité de bons copains pour célébrer. Cette photo prise par une amie, que j’ai publiée sur Instagram, me rappelle les publicités d’American Apparel. » 

Le mariage est prévu quelque part en 2020. Une bonne année, disait-on…