Légitimation et reconnaissance de l'acte créateur et du rôle de l'artiste, priorité aux rencontres avec le public, accès à des infrastructures et du financement « adéquat » : tels sont les grands thèmes qui ont suscité les discussions au forum « Être artiste dans la francophonie canadienne » qui s'est terminé hier à Ottawa.

Daniel Lemay LA PRESSE

Depuis mercredi, quelque 200 artistes et intervenants culturels de la francophonie canadienne étaient réunis dans la capitale fédérale pour ce forum sur les pratiques artistiques organisé par la Fédération culturelle canadienne-française. La FCCF est formée de 13 associations culturelles de toutes les provinces et territoires du Canada (à l'exception du Québec) et de sept organismes nationaux canadiens représentant des secteurs comme la musique, le théâtre, les arts médiatiques, etc.

« Les ateliers ont permis de confirmer que les fondations sur lesquelles repose notre développement sont assez solides », a déclaré par communiqué Marie-Claude Doucet, directrice générale du Centre culturel d'Orléans (dans l'est d'Ottawa), qui succède à Raymonde Boulay LeBlanc à la présidence de la FCCF. « Les institutions qu'on a mises en place au cours des 40 dernières années font en sorte qu'on peut continuer à construire. »

« Voter culture »

Au cours de la dernière campagne électorale, la FCCF avait demandé aux Canadiens de « voter culture » après avoir soumis aux grands partis un questionnaire en cinq points sur leur plate-forme culturelle ; seul le Parti conservateur n'a pas répondu (voir www.fccf.ca).

Fondée en 1977 à Winnipeg, la FCCF se consacre à la promotion de « l'expression artistique et culturelle des communautés francophones et acadiennes ». Le forum « Être artiste dans la francophonie canadienne » s'est déroulé sous la présidence d'honneur du poète acadien Herménégilde Chiasson.

Déplorant, dans son discours inaugural, le « vide créé par la cupidité et le cynisme d'une époque orientée vers le vedettariat et le profit », l'ancien lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick a soutenu que « par cette stratégie qu'on appelle l'art », les créateurs franco-canadiens, « dans les milieux éloignés », participent « à l'aménagement d'un paysage dont nous ne percevons souvent ni la grandeur ni la beauté ».