L'Ecole nationale du jeu et des médias interactifs numériques, créée en 2004 à Angoulême, répond, selon ses responsables, à l'attente des industriels du secteur puisque 90% de ses diplômés sont recrutés chaque année par des professionnels.

AGENCE FRANCE-PRESSE

«Je suis en permanence à la recherche de talents pour créer et produire des jeux», explique Serge Hascoët, directeur de la création chez le Français Ubisoft, troisième éditeur mondial de jeux vidéo et parrain de la promotion 2009.

Pour obtenir leur diplôme, les étudiants de 2e année en master Jeu et médias interactifs numériques travaillent en équipe pendant six mois à la réalisation d'une maquette jouable, dans des conditions industrielles (gestion du flux de production, d'un budget, etc.)

Les pré-productions sont estimées selon l'inventivité, la qualité de l'animation, la jouabilité, l'esthétique du jeu par un jury composé de professionnels et d'enseignants.

Depuis sa création en 2004, l'Enjmin, en prolongement alors d'un DESS Jeu vidéo et médias interactifs, est un institut du Conservatoire national des Arts et Métiers (Cnam).

L'Ecole est issue d'un partenariat entre les universités de La Rochelle et de Poitiers, le Cnam Poitou-Charentes, le Centre national de la bande dessinée et de l'image (CNBDI) ainsi qu'avec les industriels des secteurs de l'audiovisuel, des télécommunications et du jeu.

Une centaine d'élèves y est accueillie chaque année. Sa vocation est d'être une grande école publique qui forme des créateurs de haut niveau.

«La spécificité du système pédagogique est de regrouper tous les métiers qui interviennent dans le jeu vidéo», précise le directeur Stéphane Natkin, faisant le parallèle avec une école de cinéma.

Recrutés à bac + 3 pour une formation de deux ans, les candidats au master viennent d'univers différents (graphistes, musiciens, informaticiens...). Ils optent alors l'une des six spécialités proposées (game design, conception visuelle, conception sonore, programmation, ergonomie ou chef de projet).

«Ces personnes apprennent à travailler en équipes pluridisciplinaires dans des conditions voisines de celles existant dans le monde professionnel», poursuit M. Natkin, ajoutant que son établissement participe à «des programmes nationaux de recherche sur le jeu vidéo».

«La création de jeux requiert des savoir-faire particuliers», insiste Pierre Deltour, consultant en technologies de jeux vidéo, pour qui «il est important de trouver des gens formés».

Pour Sébastien Doumic, éditeur de «casual games» à Angoulême, «l'Enjmin est un réservoir de talents», ce qui est «le plus difficile à trouver dans l'industrie de la création».

«Le jeu vidéo est majeur en terme de loisirs, mais nous n'en sommes qu'au début», souligne M. Hascoët ajoutant qu'un étudiant de l'Ecole sur trois vient travailler dans son entreprise.

«Le marché mondial du secteur a connu en 2008 une croissance de 16% et devrait connaître une progression 12% en 2009», remarque Emmanuel Carré, porte-parole d'Ubisoft.

Une baisse relative en période de crise pour un secteur en forte croissance.