Les fabricants de jeux vidéos du monde entier se réunissent lundi à San Francisco pour débattre de l'avenir du secteur à l'occasion de la 20e édition de la conférence spécialisée Game Developers Conference (GDC).

AFP

Les fabricants de jeux vidéos du monde entier se réunissent lundi à San Francisco pour débattre de l'avenir du secteur à l'occasion de la 20e édition de la conférence spécialisée Game Developers Conference (GDC).

Pendant une semaine, la GDC, présentée par ses organisateurs comme la plus importante réunion dédiée à «l'art, la science et l'économie des jeux», devrait attirer plus de 12 500 professionnels, créateurs ou éditeurs de jeux vidéo.

Cette année, l'un des point forts sera la présentation des techniques de conception des jeux pour la nouvelle console Wii de Nintendo, dotée de capteurs de mouvement. Mais la semaine s'ouvrira avec les jeux de réflexion, basés sur des stratégies non-violentes, énigmes, jeux de mots ou jeux de société.

«Le marché des jeux de réflexion a augmenté pour devenir un secteur à part entière de l'industrie des jeux vidéo, transformant en joueur toute personne disposant d'un PC, d'un téléphone mobile ou d'un baladeur iPod», a souligné la directrice de la Conférence, Meggan Scavio.

Ces jeux «sérieux» cherchent d'abord l'apprentissage et la thérapie, plutôt que le divertissement pur et le profit, a assuré David Warhol, président de la société RealTime Associates, qui a créé un jeu destiné à aider les enfants atteints d'un cancer à suivre leur traitement.

A la GDC, M. Warhol présentera son nouveau jeu «Cool School», qui vise à apprendre aux enfants comment résoudre pacifiquement des conflits allant du harcèlement des petits tyrans de cour d'école aux camarades qui doublent dans une file d'attente.

Situé dans une école imaginaire où les craies se disputent avec les tableaux noirs et où les ballons se battent dans la cour, ce jeu a obtenu un financement du gouvernement américain, qui cherche de nouvelles solutions après des drames comme celui du massacre du collège Columbine en 1999, où deux élèves avaient tué 12 élèves et un professeur.

Confronté aux disputes des objets animés, le joueur doit choisir comment résoudre le conflit. «Si l'enfant choisit comme solution la corruption ou la menace, la scène qui apparaît présente les inévitables résultats indésirables. Si le joueur choisit le compromis, la scène se termine bien», a souligné M. Warhol.

«Le jeu offre un attrait universel car ce genre de conflits existe partout, en Chine, au Japon ou en France», a noté la psychologue Melanie Killen, qui a participé à sa conception, tout en regrettant que les jeux sérieux souffrent d'un manque de financement de la part des éditeurs, qui préfèrent les jeux violents à forte rentabilité comme «Grand Theft Auto».

Dans «Grand Theft Auto», les joueurs marquent des point quand ils volent des voitures ou tuent des prostituées ou des policiers.

«Les gens pensent que le sang et l'horreur ainsi que les images à connotation sexuelle sont ce qui fait vendre. Je pense que c'est faux, et que si on leur en offre la possibilité, les parents achèteront des jeux sérieux de haute qualité», a expliqué Mme Killen.

«Cool School» entamera lundi un programme pilote dans une école de l'Illinois, mais le jeu devra trouver des soutiens privés pour se doter d'un site internet susceptible d'offrir une version gratuite en ligne.

Une société française, Game Connection, sera présente à la GDC pour appliquer pendant deux jours ses techniques de rencontres-minutes, sur le modèle du «speed-dating» entre créateurs de jeux, éditeurs et investisseurs, afin de faire naître de nouveaux jeux sur le marché.