(Washington) Plusieurs médias d’État iraniens ou proche du régime de Téhéran ont annoncé mardi que l’accès à leur site internet avait été bloqué, un message affichant qu’ils avaient été « saisis par le gouvernement » américain.

Agence France-Presse

Les sites des chaînes d’information en arabe Al-Alam et en anglais Press-TV, qui appartiennent au réseau de la télévision d’État Irib, affichaient le même message faisant référence à la saisie de leur domaine dans le cadre de sanctions américaines.

Le message est accompagné des sceaux du FBI et du département du Commerce.

Cette action intervient dans le cadre de l’exercice de l’autorité présidentielle face à une menace extraordinaire, selon un des articles de loi cités dans le message.

Le site de la chaîne des rebelles yéménite houthis, al-Masirah, était aussi bloqué avec le même message.  

Sur le site de l’aile politique des houthis, al-Masirah a condamné « un acte de piraterie et la confiscation des droits d’auteurs » par les États-Unis qui intervient « sans justification et sans avertissement ».

La chaîne a toutefois créé un nouveau site internet qui était opérationnel mardi soir.  

Plusieurs sites internet irakiens, dont celui des brigades du Hezbollah, la faction pro-Iran la plus radicale d’Irak, n’étaient plus accessibles mardi et seul s’affichait un message du « département américain du Commerce ».  

En octobre 2020 déjà, ce site ainsi que celui d’al-Etejah, la télévision des brigades du Hezbollah, avaient subi le même sort. De même que le site d’al-Noujaba, l’autre grande faction pro-Iran d’Irak.

Ces deux factions, composées de combattants irakiens, mais entraînés, financés et armés par l’Iran, opèrent à la fois en Irak, mais aussi en Syrie aux côtés du régime de Bachar al-Assad et du Hezbollah libanais.

« Apparente action coordonnée »

Le site de la chaîne télévisée d’opposition du Bahreïn LuaLua TV, était aussi bloqué. La chaîne, qui a des bureaux à Londres et à Beyrouth, a fustigé une « saisie illégale » de leur site internet.  

Les autorités bahreïnies accusent les groupes contrôlant la chaîne d’être proches du régime iranien.

Le Bahreïn abrite la 5e flotte américaine et a normalisé ses relations avec Israël.

Les programmes télévisés d’Al-Massirah et de LuaLua étaient toutefois toujours diffusés, selon des journalistes de l’AFP au Yémen et à Bahreïn.

Press-TV a évoqué « une apparente action coordonnée » sur son compte Twitter, tandis que la télévision d’État iranienne a dénoncé le blocage « de médias pro-résistance révélant les crimes des alliés des États-Unis dans la région ».

« Alors que le gouvernement démocrate des États-Unis affirme soutenir la liberté d’expression, en pratique il ferme les médias en soutenant » Israël et l’Arabie saoudite, deux alliés historiques de Washington au Moyen-Orient, a ajouté l’Irib sur son site internet.

Selon la télévision iranienne, les chaînes Palestine Al-Youm, Naba et Al-Kawthar ont également été bloquées.

L’agence Fars, proche des ultraconservateurs iraniens, a également dénoncé « une violation flagrante de la liberté de la presse ».

L’Iran est sous le coup d’une série de sanctions économiques américaines pour son programme d’enrichissement nucléaire soupçonné par Washington d’avoir des visées militaires. La République islamique est également accusée de violations des droits de l’Homme et de soutien au terrorisme.