(Toronto) Torstar a affiché mercredi une perte nette de 23,5 millions pour le premier trimestre, ses revenus ayant diminué de 20 % par rapport à la même période l’an dernier en raison d’un déclin dans les publicités et la distribution de circulaires.

David Paddon
La Presse canadienne

La société, propriétaire du Toronto Star et d’autres journaux, a souligné qu’elle avait fait des progrès dans la transformation à long terme de ses activités vers le numérique, mais que ses revenus étaient soumis à une pression importante, les entreprises réduisant leurs publicités en raison de la pandémie de COVID-19.

Le chef de la direction de Torstar, John Boynton, a affirmé que l’intérêt du public pour la crise de la COVID-19 et le ralentissement économique avaient entraîné « une augmentation significative du trafic numérique vers nos sites, à partir de mars et jusqu’au deuxième trimestre ».

Malheureusement pour Torstar, cette augmentation du trafic n’a pas généré de hausse des revenus publicitaires numériques, puisque certains géants du marketing numérique, que M. Boynton n’a pas identifiés, ont bloqué le placement d’annonces sur tous les sites qui mentionnent la COVID-19, inquiets de l’association entre la maladie et leur marque.

« Nous demandons aux directeurs du marketing, aux patrons des agences et aux patrons des entreprises de revoir leur politique de liste noire en vue d’une exécution plus raisonnable qui autoriserait la diffusion d’annonces sur des sites qui peuvent contenir le mot COVID-19 et qui contiennent également toutes sortes d’histoires associées », a affirmé M. Boynton dans un discours livré à l’occasion de l’assemblée annuelle de ses actionnaires, qui s’est déroulée de façon virtuelle.

M. Boynton a estimé qu’il y avait « une responsabilité collective » pour s’assurer que les sites de confiance ne soient pas désavantagés pendant la crise.

La direction de Torstar a entrepris un certain nombre de réductions de coûts depuis le début de la pandémie, pour maintenir ses dépenses en ligne avec la baisse des revenus, a expliqué M. Boynton.

En avril, Torstar a annoncé 85 licenciements permanents dans toute l’organisation. Elle a précisé mercredi qu’elle s’attendait à ce que les suppressions d’emplois génèrent des économies annualisées de 7 millions. Il a également gelé les dépenses discrétionnaires, pour une réduction de 5 millions pour l’ensemble de l’année.

Torstar a fait état de revenus d’exploitation de 92,5 millions pour les trois premiers mois de l’année 2020, en baisse par rapport à ceux de 116 millions de la même période l’an dernier. L’éditeur a attribué ce recul à l’impact des mesures prises pour ralentir la progression de la COVID-19 à partir de la mi-mars, ainsi qu’à la fin des éditions imprimées du StarMetro à la fin décembre.

En excluant la fin des éditions imprimées de StarMetro, Torstar a indiqué que ses revenus d’exploitation du premier trimestre étaient en baisse de 17 %.

L’impact de la pandémie de COVID-19 a été illustré par une baisse de 58 % des recettes publicitaires imprimées au cours de la deuxième moitié de mars sur une base comparable, par rapport à une baisse de 29 % pour l’ensemble du trimestre.

De plus, les revenus de la distribution de circulaires ont chuté de 27 % au cours de la deuxième moitié de mars et les revenus de la publicité numérique ont diminué d’environ 12 %.

Sur une note plus positive, Torstar a souligné que les revenus d’abonnement aux journaux imprimés n’avaient pas été affectés de manière significative par la pandémie de COVID-19 jusqu’à maintenant, tandis que la croissance des abonnements uniquement numériques s’était accélérée vers la fin du trimestre et s’est poursuivie en avril.

« Pour le reste de 2020, nous prévoyons que les baisses modestes des abonnements imprimés se poursuivront et qu’elles seront partiellement contrebalancées par la croissance des revenus d’abonnement numérique uniquement, ce qui se traduira par des baisses modestes des revenus d’abonnement globaux. »

La perte par action du premier trimestre s’est chiffrée à 29 cents, comparativement à une perte de 7,4 millions, ou 9 cents par action, pour le même trimestre en 2019.

Sur une base ajustée, Torstar a indiqué avoir perdu 13 cents par action, en regard d’une perte ajustée de 6 cents par action l’an dernier.

Les analystes s’attendaient à des revenus de 109 millions et à une perte ajustée de 7 cents par action, selon les prévisions recueillies par la firme de données financières Refinitiv.

Torstar a indiqué s’attendre à recevoir 12 millions en aide fédérale pour les huit premières semaines du programme de subvention salariale destiné aux entreprises qui ont perdu des revenus en raison de l’épidémie de COVID-19. L’éditeur s’attend en outre à pouvoir recevoir environ 6 millions de plus pour les quatre dernières semaines du programme.

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Torstar détient un investissement dans La Presse canadienne dans le cadre d’une entente conjointe avec des filiales du Globe and Mail et le quotidien La Presse.