(Montréal) Si le Fonds de solidarité FTQ était sollicité pour participer comme partenaire financier à la relance de journaux du Groupe Capitales Médias, il serait prêt à regarder le dossier.

Lia Lévesque
La Presse canadienne

« Si le Fonds était approché dans le cadre d’une restructuration du Groupe Capitales Médias, nous étudierions le dossier, en tenant compte de notre mission socioéconomique », a indiqué mardi Patrick McQuilken, conseiller principal aux relations de presse et aux communications au Fonds de solidarité FTQ.

En entrevue mardi, M. McQuilken n’a pas voulu indiquer s’il avait déjà eu des discussions pour participer à la relance d’un ou des journaux du groupe médiatique en difficultés financières.

Toutefois, il a insisté sur le fait qu’il « reconnaît l’importance des médias pour le Québec et les régions ».

« C’est certain que le Fonds, dans le passé, a démontré un intérêt pour appuyer le secteur. Et si on reçoit un dossier, on va l’analyser en profondeur », a-t-il affirmé.

D’ailleurs, le Fonds de solidarité a déjà investi dans le quotidien Le Devoir. Son premier investissement dans ce quotidien remonte à 1993. « Il s’agit d’un de nos plus anciens partenariats encore en place. L’horizon d’investissement du Fonds en tant que fournisseur de “capital patient” est de cinq à sept, peut-être dix ans. Avec Le Devoir, on parle de 26 ans », a-t-il signalé.

Quatre missions du Fonds

M. McQuilken a rappelé que le Fonds a quatre missions, dont celles de sauvegarder ou créer des emplois, de même que participer au développement économique du Québec. Il doit aussi préparer les Québécois à la retraite et contribuer à la formation économique des travailleurs.

Le dossier de la relance des journaux de Capitales Médias « pourrait rejoindre trois des quatre, sinon quatre des quatre volets de notre mission », a-t-il opiné.

Bien sûr, le Fonds de solidarité ne gère pas lui-même les entreprises dans lesquelles il investit. « Au Fonds, on a 3126 entreprises partenaires, en date du 31 mai 2019, et nous sommes majoritaires dans quatre entreprises. »

« Il faut toujours qu’il y ait un partenaire stratégique, quelqu’un qui peut opérer la business. Le meilleur exemple que je peux donner : le Canadien de Montréal. Le Fonds de solidarité n’est pas en arrière du banc des joueurs. On a un opérateur, qui est la famille Molson, qui connaît la business du hockey. On est dans Le Devoir où il y a une direction qui sait comment opérer Le Devoir. C’est la même chose pour tout autre dossier : ça prend des gens qui connaissent le milieu, qui savent comment naviguer dans les eaux troubles que le secteur des médias écrits traverse présentement », a conclu M. McQuilken.

Les six quotidiens du Groupe Capitales Médias sont clients de La Presse canadienne, à savoir Le Soleil de Québec, Le Droit d’Ottawa-Gatineau, Le Quotidien de Saguenay, La Tribune de Sherbrooke, La Voix de l’Est de Granby et Le Nouvelliste de Trois-Rivières.