(Paris) Les Bourses européennes ont terminé dans le vert lundi, rebondissant pour commencer une semaine où les chiffres de l’inflation aux États-Unis seront particulièrement scrutés pour en savoir plus sur les prochaines étapes de la politique monétaire américaine.

Publié le 8 août
Agence France-Presse

La Bourse de Paris a gagné 0,80 % à 6524,44 points, celle de Francfort a pris 0,84 %, Londres 0,57 % et Milan 0,62 %. Les volumes d’échanges sont cependant réduits en raison des congés d’été, ce qui a tendance à exacerber les variations.

Après avoir terminé divisée vendredi, la Bourse de New York a ouvert dans le vert. Vers 10 h, le Dow Jones montait de 0,86 %, le S&P 500 de 1 % et le NASDAQ de 1,55 %.

« Le sentiment des marchés dépendra de l’inflation américaine cette semaine. Si elle diminue, la Fed pourrait réorienter de façon plus modérée ses hausses de taux », encourageant le rebond des marchés, résume Ipek Ozkardeskaya, analyste chez SwissQuote.

Mercredi seront en effet publiés les derniers chiffres de l’indice des prix à la consommation (IPC) en juillet aux États-Unis. Le même jour, les investisseurs prendront aussi connaissance des dernières données d’inflation pour la Chine, le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Italie.

Les investisseurs cherchent à savoir « si la pression sur les prix a déjà atteint un sommet », complète Pierre Veyret, analyste d’ActivTrades.

« Il est très peu probable que les chiffres de l’inflation attendus cette semaine aillent dans le sens d’une atténuation du resserrement monétaire agressif de la Fed », estime de son côté Stephen Innes, analyste de SPI Asset management.

Vendredi, la publication de chiffres forts et surprenants de l’emploi américain avait provoqué de fortes hausses des taux d’emprunts souverains. Lundi vers 9 h 55, les rendements obligataires se détendaient légèrement : les taux d’intérêt américains à deux et dix ans baissaient à respectivement 3205 % (au lieu de 3,23 % à la clôture vendredi) et 2765 % (au lieu de 2,84 % à la dernière clôture).

Samedi, une responsable de la banque centrale américaine a encore plaidé pour que l’institution monétaire continue à relever fortement ses taux directeurs jusqu’à ce que l’inflation diminue réellement.

Le plan Biden fait son effet

Le grand plan du président américain Joe Biden sur le climat et la santé a été adopté dimanche par le Sénat. Il prévoit une série d’incitations financières destinées à faire évoluer l’économie américaine vers des sources d’énergie non fossiles, dont quelque 60 milliards de dollars pour la construction d’éoliennes, panneaux solaires et véhicules électriques aux États-Unis.

Les fabricants de véhicules électriques en profitaient à Wall Street, notamment Tesla (+4,12 %), Rivian (+5,27 %) et Lordstown Motors (5,56 %).

Le volet santé du plan pourrait permettre un système public d’assurance santé de négocier directement les prix de certains médicaments avec les laboratoires pharmaceutiques et ainsi obtenir des tarifs plus concurrentiels. Il obligerait aussi les groupes pharmaceutiques à offrir des remises aux consommateurs pour certains médicaments dont le prix augmente plus vite que l’inflation.

Les valeurs de la santé étaient orientées plutôt à la baisse. Merck perdait 0,28 %, Johnson & Johnson 0,05 %, Eli Lilly 1,01 % à Wall Street. GSK cédait 0,47 % à Londres et Sanofi 1,02 % à Paris.

Par ailleurs, le groupe pharmaceutique américain Pfizer (-0,60 %) a annoncé lundi le rachat pour environ 5,4 milliards de dollars de Global Blood Therapeutics (GBT), fabricant d’un médicament récemment approuvé contre une maladie génétique, la drépanocytose.

Joules et Next se rapprochent

La marque britannique de vêtements haut de gamme Joules s’envolait de plus de 35 % à Londres, dopée par l’annonce, dans un communiqué, d’un possible rapprochement avec la chaîne d’habillement Next, qui progressait de 0,59 %.

Du côté du baril et des devises

Les prix du pétrole étaient divisés lundi, après une semaine de lourdes pertes, toujours affaiblis par les perspectives sombres quant à l’économie mondiale, pesant sur la demande en brut.

Vers 9 h 55, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre avançait de 0,36 % à 95,28 dollars. Celui de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en septembre perdait 0,20 % à 88,89 dollars.

L’euro gagnait 0,18 % face au billet vert, à 1,0201 dollar.

Le bitcoin prenait 3,86 % à 24 170 dollars.