(New York) Les prix du pétrole ont terminé en petite hausse mardi après une séance en dents de scie, entre les craintes pour la croissance mondiale, la forte demande en pleine saison des déplacements et les inquiétudes autour du yen et de l’économie du Japon, gros importateur de brut.

Mis à jour le 21 juin
Agence France-Presse

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août a terminé en hausse de 0,45 % à 114,65 dollars alors qu’il avait grimpé au-dessus de 116 dollars plus tôt à Londres.

Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en juillet, dont c’est le dernier jour de cotation, a pris 0,99 % à 110,65 dollars après avoir gagné plus de 2,30 % quelques heures plus tôt.

« La hausse des prix s’est un peu modérée, car on pèse les risques pour la croissance avec l’action des banques centrales à travers le monde », qui relèvent les taux d’intérêt « ce qui va finir par affecter la demande à un certain point », a expliqué John Kilduff, d’Again Capital.

Alors qu’aux États-Unis on entre dans la saison des vacances appelée « driving season », les perspectives d’une augmentation de la demande poussent les prix à la hausse à court terme dans un contexte d’offre limitée.

En Chine également, les perspectives s’éclaircissent selon Stephen Innes, analyste chez Spi Asset Management, qui a relevé un « succès des tests (COVID-19) de masse à Shanghai ». Cela renforce « l’idée que la Chine va poursuivre une réouverture progressive ».

La Chine est la dernière grande économie mondiale à maintenir une stratégie zéro COVID-19, mais rouvre progressivement son économie après des confinements massifs, s’appuyant sur des campagnes de dépistage à grande échelle et des confinements locaux.

Mais désormais, les investisseurs ont aussi les yeux braqués sur le Japon et « ce yen qui ne cesse de s’affaiblir », s’est inquiété John Kilduff.

La monnaie japonaise a glissé à un plus bas depuis 24 ans face au dollar, plombée par l’écart des politiques monétaires entre la Banque du Japon, qui reste accommodante, et son homologue américaine, qui resserre la vis.

« Si la situation craque et qu’on assiste à une perturbation sur le marché des changes qui risque d’affecter l’économie japonaise, cela peut être très négatif pour les prix du brut », car le Japon est important importateur, a souligné M. Kilduff.

Mais globalement le marché reste « acheteur dès que les prix baissent […] alors que l’offre est très restreinte », a ajouté l’analyste d’Again Capital.

À Washington, l’administration, qui fait face à une inflation généralisée, examine la possibilité de suspendre temporairement une taxe fédérale sur l’essence pour faire baisser les prix à la pompe.

Mais selon John Kilduff, « cela n’aura pas un impact vraiment important sur les prix ».

En parallèle, « les inquiétudes concernant l’approvisionnement sur les marchés mondiaux augmentent dans le cadre de nouveaux efforts pour empêcher la Russie de tirer des revenus du brut », a souligné Susannah Streeter, analyste chez Hargreaves Lansdown.

Les États-Unis discutent avec leurs alliés pour restreindre davantage les revenus pétroliers de la Russie en plafonnant le prix de son pétrole brut, a déclaré lundi la secrétaire américaine au Trésor, Janet Yellen, lors d’une visite au Canada.