(New York) Les cours du pétrole ont progressé mercredi, soutenus par la possibilité d’un accord européen sur les importations russes, dans un marché que le rapport sur les stocks américains a laissé perplexe.

Mis à jour le 25 mai
Agence France-Presse

Le prix du baril de brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, a gagné 0,41 %, pour clôturer à 114,03 dollars.

Quand au baril de West Texas Intermediate (WTI) américain, également pour juillet, il a lui pris 0,51 %, à 110,33 dollars.

Après avoir été pris de convulsions depuis l’invasion de l’Ukraine, l’or noir s’est stabilisé cette semaine, oscillant dans des marges resserrées.

Pour Phil Flynn, de Price Futures Group, ces mouvements limités sont en partie dus à l’approche du week-end férié de Memorial Day, coup d’envoi de la saison estivale pour les Américains.

Les prix avaient été poussés vers le haut tôt dans la séance par des déclarations du président du Conseil européen Charles Michel, qui s’était dit « confiant » dans la possibilité d’un accord sur le pétrole russe d’ici au Conseil européen de lundi et mardi.

Mais le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, a rapidement tempéré cet optimisme, en affirmant que son pays voterait contre un embargo sur les importations européennes de pétrole russe « tant que cela (rendrait) impossible l’approvisionnement de la Hongrie en énergie ».

La Hongrie et son premier ministre Viktor Orban sont opposés à l’interruption des livraisons russes, dont ils sont l’un des pays les plus dépendants.

« Je pense qu’ils vont aboutir à un embargo », a commenté Phil Flynn, « mais cela va se faire lentement. »

Les opérateurs ont ensuite digéré le rapport hebdomadaire sur les stocks américains de l’Agence américaine d’information sur l’énergie (EIA), qui a suscité des réactions divergentes.

« Les réserves de brut et d’essence ont diminué moins que ne le prévoyait le marché », a écrit, dans une note, Bart Melek, de TD Securities. « Les stocks plus élevés que prévu et les raffineries quasiment à pleine capacité ont fait penser aux opérateurs que les tensions s’apaisaient. »

Le taux d’utilisation des raffineries a ainsi grimpé de 91,8 % à 93,2 % sur une semaine.

Pour Phil Flynn, le rapport était, au contraire, « très favorable aux cours » et à une hausse, notamment car l’accélération de l’activité de raffinage va augmenter mécaniquement la demande de brut.

L’analyste a aussi relevé que la baisse des stocks commerciaux moindre que prévu (1 million de barils contre 2,1 attendus) était relativisée par celle des réserves stratégiques qui, elles, avaient fondu de 6 millions de barils.

Autre élément de soutien aux cours, la production américaine est demeurée inchangée, à 11,9 millions de barils par jour, bien que les stocks restent bas et à l’approche du prochain week-end, qui donne le coup d’envoi de la saison des grands déplacements aux États-Unis.