(New York) L’impact de l’inflation sur la croissance continuait d’inquiéter les Bourses mondiales jeudi, des interrogations alimentées par les propos des géants américains de la distribution, étouffés par la flambée de leurs coûts.

Mis à jour le 19 mai
Agence France-Presse

Les indices européens, qui avaient déjà reculé la veille, ont encore cédé du terrain : Paris a perdu 1,26 %, Francfort 0,90 % et Londres 1,82 %.

À New York, le Dow Jones a reculé de 0,75 %, l’indice NASDAQ, sous influence technologique, de 0,26 %, et l’indice élargi S&P 500 de 0,58 %.

Après un bref rebond des marchés en début de semaine, les inquiétudes des investisseurs ont repris le dessus avec la publication des résultats des supermarchés Target et Walmart, dont l’activité a subi les conséquences de la hausse des prix.

« Les coûts élevés vont continuer à grossir et les consommateurs vont bientôt cesser de puiser dans leurs économies et faire plus attention à leurs dépenses », a estimé Craig Erlam, analyste d’Oanda.

Les résultats des grands magasins Kohl’s et de la chaîne d’articles de maison Bath & Body Works, ont confirmé la tendance.

Pour lutter contre l’inflation, les banques centrales promettent de remonter fortement leurs taux directeurs dans les mois à venir, ce qui pourrait pénaliser l’activité économique qui fait déjà face aux confinements en Chine et à la guerre en Ukraine.

Du côté de la Banque centrale européenne (BCE), les « faucons », en faveur d’un relèvement des taux, ont d’ailleurs jugé que les critères pour une hausse des taux étaient « déjà remplis » en avril, selon un compte rendu publié jeudi.

Aux États-Unis, l’indice d’activité manufacturière dans la région de Philadelphie s’est établi à son niveau le plus bas depuis deux ans, l’industrie n’étant plus qu’en très faible croissance.

« Cela montre que la confiance des industriels commence à fléchir, alors qu’elle tenait jusqu’à présent grâce aux importants carnets de commandes », estime Clémence de Rothiacob, gérante chez Richelieu Gestion.

Les investisseurs préféraient se replacer sur le marché obligataire, qui a retrouvé son statut de refuge avec les craintes sur la croissance.  

Après être revenu à un niveau proche des 3 % mercredi, le rendement de l’emprunt d’État américain à 10 ans reculait à 2,83 %. La tendance était la même en Europe, le 10 ans allemand se situant à 0,96 % contre plus de 1 % la veille.

Les distributeurs à la peine

Après l’annonce de leurs résultats en dessous des attentes cette semaine, les supermarchés américains Target et Walmart ont encore perdu respectivement 5,07 % et 2,74 %.

Les autres distributeurs en pâtissaient aussi, à l’image des français Carrefour (-3,18 %) et Casino (-2,38 %) ou du britannique Tesco (-1,12 %).

L’industriel Nestlé a aussi été entraîné dans cette chute et a perdu 5,03 % à Zurich.

Royal Mail et Julius Baer chahutés après leurs résultats 

Le groupe postal britannique Royal Mail dévissait de plus de 12 % à Londres, après avoir annoncé des volumes de colis en baisse et des perspectives moroses lors de la publication de ses résultats annuels.

En Suisse, la banque Julius Baer voyait le cours de son action flancher de 5,92 % après un point sur son activité en début d’année, qui a pâti des secousses sur les marchés financiers depuis le début de la guerre en Ukraine.

IAG mise sur Boeing

Le transporteur britannique IAG (-1,18 %) a annoncé jeudi la finalisation d’une commande de 50 Boeing 737 avec 100 autres en option, un signal de confiance envers l’avionneur américain (+1,29 %) qui traverse une période de turbulences.

Du côté du pétrole et des devises

Les prix du pétrole ont évolué en dents de scie jeudi pour terminer en nette hausse, dans le sillage d’un repli du dollar, favorable au cours de l’or noir.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet a grimpé de 2,68 % à 112,04 dollars, et le West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en juin a gagné 2,39 % à 112,21 dollars.

Le dollar continuait de perdre du terrain face aux autres devises. Il chutait de 1,06 % face à la livre et de 1,13 % face à l’euro. Un euro valait ainsi 1,0584 dollar.

Le bitcoin avançait de 3,42 % à 30 121 dollars.