(New York) Les craintes à propos du variant du coronavirus Omicron et d’une possible accélération de la normalisation de la politique monétaire aux États-Unis ont à nouveau pesé sur les indices boursiers européens jeudi tandis que Wall Street optait pour un rebond.

Mis à jour le 2 déc. 2021
Agence France-Presse

En Europe, les indices boursiers ont fini à l’unanimité dans le rouge : Paris (-1,25 %), Francfort (-1,35 %), Milan (-1,39 %) et Londres (-0,55 %).

Wall Street a rebondi au lendemain d’une nette baisse après l’annonce d’un premier cas de COVID-19 causé par le variant Omicron identifié aux États-Unis : Le Dow Jones a gagné 1,82 %, l’indice NASDAQ, influencé par les valeurs technologiques, 0,83 %, et l’indice élargi S&P 500, 1,42 %.

« Avec toute l’hystérie et le bruit autour d’Omicron, le danger est que le variant Delta reste plus répandu et continue à perturber l’Europe et mette à genoux les services de santé allemands », rappelle Michael Hewson, analyste chez CMC Markets.

Depuis la découverte d’Omicron vendredi, les indices boursiers évoluent en dents de scie au cours des dernières séances.

« Les marchés vont continuer d’évoluer au gré des informations sur la pandémie et des annonces sur la gravité ou non du nouveau variant », indique de son côté Franklin Pichard, directeur de Kiplink Finance.

Le variant Omicron, dont le degré de dangerosité et de contagiosité reste à établir, a été repéré sur tous les continents et a contraint certains gouvernements à prendre de nouvelles mesures.  

L’Allemagne a décidé de durcir les restrictions visant les personnes non vaccinées contre la COVID-19, leur imposant un quasi-confinement, sans accès aux commerces non essentiels, restaurants, lieux de culture ou de loisirs.

Les États-Unis exigeront un test négatif réalisé dans la journée précédant le départ des voyageurs internationaux vaccinés dès le « début de la semaine prochaine » pour entrer sur le territoire.

« Alors que les marchés boursiers continuent d’osciller entre l’espoir et la peur, les marchés obligataires sont également en train de s’agiter dans l’attente de la prochaine action de la Réserve fédérale en matière de politique monétaire », commente Michael Hewson.

Le taux d’intérêt de la dette américaine à 10 ans était inchangé, à 1,43 % et le taux à deux ans, censé refléter davantage des anticipations de resserrement à plus court terme, progressait à 0,62 % contre 0,55 % la veille.

Le président de la Fed Jerome Powell a en effet changé de ton mardi : il a estimé qu’il était temps de ne plus parler d’inflation transitoire et envisage une réduction plus rapide que prévu des achats d’actifs, ouvrant la voie à une hausse des taux directeurs courant 2022.  

Le pétrole chamboulé par l’OPEP+

Les cours du brut ont eu droit à un tour de montagnes russes jeudi : en hausse en amont de la réunion de l’OPEP+, ils ont fortement chuté à l’annonce d’une augmentation de la production en janvier par le cartel avant de revenir dans le vert.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février a gagné 1,16 % à 69,67 dollars.

À New York, le baril de West Texas Intermediate (WTI) pour le mois de janvier a avancé de 1,41 % à 66,50 dollars.

À Londres, l’action Shell a terminé en hausse de 1,33 % à 1629,20 pence et BP en progression de 1,11 % à 336,60 pence. À Paris, TotalEnergies a pris 0,21 % à 42,03 euros.

Abrdn va racheter Interactive Investor

Le géant britannique de la gestion d’actifs Abrdn a fortement reculé de 3,77 % à 230 pence après avoir annoncé jeudi son intention d’acquérir l’une des principales plateformes d’investissement britanniques, Interactive Investor, pour 1,49 milliard de livres.

La consommation en ligne mise à la diète

Les valeurs des spécialistes du numérique ont été à la peine, à l’image de Delivery Hero (-7,21 % à 107,21 euros) et Zalando (-4,98 % à 75,60 euros). À Londres, Just Eat Takeway a terminé en forte baisse de 4,85 % à 4538 pence.

Du côté de l’euro et du bitcoin

L’euro cédait 0,18 % à 1,1300 dollar et le bitcoin lâchait 0,44 % à 56 978 dollars après avoir opéré un changement de tendance après l’ouverture de Wall Street.