(Paris) Après des annonces sans surprise de la BCE, les Bourses européennes ont terminé en ordre dispersé jeudi, dans le sillage de Wall Street qui a mal accueilli les derniers chiffres sur l’emploi américain.  

Agence France-Presse

Après un début de séance dans le vert, les Bourses européennes ont ralenti en début d’après-midi. Paris (+0,36 %), Francfort (+0,60 %) et Milan (+0,53 %) ont réussi à se maintenir dans le positif, tandis que Londres a perdu 0,43 %.

La Bourse de New York était indécise après la publication de chiffres décevants d’inscriptions hebdomadaires au chômage aux États-Unis : le Dow Jones était stable, tout comme le S&P 500 (+0,05 %) et le NASDAQ montaient de 0,21 %.

Les marchés d’actions n’ont pas réagi outre mesure aux conclusions de la réunion de la BCE, qui a confirmé jeudi le cap expansif de sa politique monétaire, en accord avec la récente révision de sa cible d’inflation.  

« La BCE va être ultra-accommodante pendant encore un moment », résume Michael Hewson, analyste chez CMC Markets UK.  

Sans surprise, les taux à court terme vont demeurer bas tant que l’inflation ne se sera pas stabilisée à 2 %.  

Le plan d’urgence « PEPP » déclenché en mars 2020 face à la pandémie de COVID-19 conserve son enveloppe de 1850 milliards d’euros, destiné à des achats de dettes.  

« Christine Lagarde a dit ce que le président de la Banque centrale américaine affirmait il y a un an : même si l’inflation perce au-dessus du seuil de 2 %, elle ne réagira pas mécaniquement », explique à l’AFP Waldemar Brun-Theremin, gérant chez Turgot Asset Management.

Alors que « c’est de plus en plus difficile pour la Fed d’expliquer que l’inflation ne sera que transitoire, la BCE subit moins de pression sur l’inflation », ajoute-t-il, rappelant que la hausse des prix est moins élevée en Europe qu’aux États-Unis.

« La reprise de l’économie de la zone euro est en bonne voie », a déclaré la présidente de la BCE, Christine Lagarde, lors d’une conférence de presse. « Mais la pandémie continue de jeter une ombre, d’autant plus que le variant Delta constitue une source croissante d’incertitude. »

Sur le marché obligataire, les taux d’emprunt baissent nettement depuis les annonces de la BCE.  

Le message est certes « accommodant […] mais certains l’attendaient peut-être plus accommodant », avance Alexandre Baradez, analyste chez IG France, sur Twitter.

Facteur baissier des marchés actions : les inscriptions hebdomadaires au chômage ont enregistré une hausse inattendue aux États-Unis, « suscitant des inquiétudes concernant le rebond du marché de l’emploi américain », estime M. Hewson.

Alors que le nombre de chômeurs avait baissé la semaine précédente, le marché du travail américain semble toujours fragile malgré la reprise économique.

Commerzbank recule

Commerzbank (-1,02 % à 5,45 euros), deuxième banque allemande a annoncé qu’elle allait inscrire une dépréciation de 200 millions d’euros à son bilan du deuxième trimestre après l’abandon de l’externalisation d’une branche de transaction d’actions en raison de « risques dans la mise en œuvre » et de « nouvelles conditions de marché ».

Unilever pénalisé par les prix

Le géant des cosmétiques et de l’agroalimentaire Unilever a enregistré une baisse de son bénéfice au premier semestre, à cause d’effets de change négatifs et d’une inflation des coûts. Son action a perdu 5,87 % à 4051 pence.

Daimler vers le tout électrique

Daimler a gagné 0,76 % à 71,38 euros. Le constructeur automobile allemand sera prêt à passer au tout électrique avant 2030 et, pour y parvenir, va investir 40 milliards d’euros au cours de la décennie, a-t-il annoncé jeudi.

Du côté du pétrole, de l’euro et du bitcoin

Les prix du pétrole continuaient de progresser.

Vers 14 h, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en septembre prenait 1,59 % à 73,39 dollars à Londres par rapport à la clôture de mercredi.

À New York, le baril de WTI pour le même mois progressait de 1,65 % à 71,46 dollars.

L’euro reculait de 0,29 % à 1,1764 dollar, après avoir atteint la veille un plus bas depuis début avril, à 1,1752 dollar.  

Le bitcoin montait de 1,85 % à 32 400 dollars.