(Paris) Les Bourses européennes sont parvenues à limiter leurs pertes lundi, à la faveur d’une légère détente sur le front des rendements obligataires, tandis que NASDAQ et S&P 500 continuaient de souffrir de la hausse du taux américain à dix ans.

Agence France-Presse

Après un démarrage nettement dans le rouge, les Bourses européennes ont limité la casse à la clôture : Paris a fini proche de l’équilibre (-0,11 %), Francfort a cédé 0,31 %, Londres 0,18 % et Milan 0,55 %.

De son côté, vers 13 h 20, Wall Street évoluait en ordre dispersé. Le Dow Jones grappillait 0,14 %, le NASDAQ, à forte coloration technologique, s’enfonçait de 1,76 %, tandis que l’indice élargi S&P 500 perdait 0,56 %.

Plus tôt dans la matinée, l’Asie avait aussi clôturé sur une note mitigée, les indices japonais ayant pris 0,5 % quand les indices de Shanghai et Hong Kong ont perdu respectivement 1,45 % et 1,06 %.

« Les marchés européens ont démarré la semaine de manière décevante en raison des inquiétudes croissantes entourant la hausse des rendements obligataires, et ce qu’ils nous disent des perspectives économiques encourage certaines prises de bénéfices, en particulier sur les marchés américains », relève Michael Hewson, analyste en chef pour CMC Markets UK.

« Les valeurs technologiques ont souffert, ce qui est logique car nous sommes toujours dans cette thématique de remontée des taux qui favorise les valeurs cycliques », les plus sensibles à la conjoncture, souligne auprès de l’AFP Alexandre Baradez, responsable de l’analyse marché chez IG France.

« Les indices européens, moins sensibles à ces valeurs technologiques, sont donc moins en repli que les gros indices américains, surtout le NASDAQ et le S&P 500 », complète-t-il.

Le rendement des emprunts à dix ans des principaux pays développés, États-Unis en tête, monte en effet fortement depuis plusieurs séances. Le taux américain a atteint ce lundi jusqu’à 1,39 %, à ses plus hauts depuis un an tandis que le taux allemand de même échéance (ou « Bund »), référence en zone euro, a grimpé en début de séance jusqu’à -0,28 %, un niveau inédit depuis juin dernier.

La présidente de la BCE Christine Lagarde a par la suite un peu calmé le jeu en assurant que l’institution de Francfort suivait « de près l’évolution des rendements des obligations nominales à long terme », faisant légèrement refluer l’ensemble des taux d’emprunt en zone euro. Le Bund a ainsi fini à -0,34 %.

Côté indicateurs, le moral des entrepreneurs allemands s’est amélioré en février, porté par la bonne santé du secteur industriel, malgré la persistance des restrictions face à la pandémie de COVID-19, selon le baromètre IFO.

Airbus profite des déboires de Boeing

Le titre Airbus s’est envolé de 4,39 % à 95,80 euros après les déboires de son concurrent américain Boeing qui a immobilisé au sol les 128 avions commerciaux Boeing 777 équipés du modèle de moteur mis en cause dans le spectaculaire incendie d’un réacteur sur un appareil au-dessus du Colorado.

Le Royaume-Uni a quant à lui décidé d’interdire son espace aérien aux Boeing 777 équipés de ces moteurs.

Le déconfinement pèse sur les livraisons de repas

Just Eat Takeaway et Ocado ont perdu 4,56 % à 7156,00 pence et 6,17 % à 2401,00 pence alors que le premier ministre britannique Boris Johnson a présenté lundi un plan progressif pour faire sortir l’Angleterre du reconfinement, imposé début janvier face à une explosion de l’épidémie liée au variant anglais.

En Allemagne, Delivery Hero (-6,78 % à 113,45 euros) a terminé en queue du Dax et Hello Fresh s’est effondré de 7,23 % à 67,35 euros sur le MDax.

Sanofi malmené malgré ses annonces

À Paris, Sanofi (-0,92 % à 76,30 euros) a lancé un nouvel essai clinique dit de « phase 2 » pour son principal candidat-vaccin contre la COVID-19 développé avec le britannique GSK, espérant le mettre à disposition au quatrième trimestre.

En attendant, le laboratoire va produire en France le vaccin contre la COVID-19 de son concurrent américain Johnson & Johnson au second semestre, comme il s’apprête également à le faire pour celui développé par Pfizer/BioNTech.

Côté devises, pétrole et bitcoin

Vers 13 h 30, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril montait de 2,80 % à Londres par rapport à la clôture de vendredi, à 63,88 dollars.  Le baril américain de WTI pour le mois de mars gagnait 3,07 % à 61,08  dollars.

L’euro montait de 0,39 % face au billet vert, à 1,2167 dollar pour un euro.  

Le bitcoin évoluait autour de 52 541 dollars (-8,4 %), après avoir atteint un nouveau record à plus de 58 000 dollars dimanche.