(New York et Toronto) La Bourse de New York a terminé en ordre dispersé mercredi, les investisseurs digérant de nouveaux chiffres catastrophiques sur l’emploi aux États-Unis alors même que plusieurs États fédérés rouvrent progressivement leurs économies.

Agence France-Presse et La Presse canadienne

Le Dow Jones Industrial Average, son indice vedette, a reculé de 0,91 % à 23 664,64 points.

Le NASDAQ s’est apprécié de 0,51 % à 8885,439 points. L’indice, à forte coloration technologique, a profité de la bonne forme de plusieurs géants de la tech, dont Facebook (+0,68 %), Microsoft (+0,98 %) et Netflix (+2,26 %).

Le S&P 500, qui représente les 500 plus grandes entreprises de Wall Street, a cédé 0,70 % à 2848,42 points.

La place new-yorkaise restait sur deux séances de hausse consécutives.

Au Canada, Shopify a ravi à la Banque Royale le titre de la plus grande valeur boursière sur le parquet de la Bourse de Toronto, après que le spécialiste des solutions de paiements en ligne a enregistré une hausse de la demande pour ses services, notamment grâce au boom que connaît le commerce électronique en cette période de distanciation physique.

L’indice composé S&P/TSX du parquet torontois a avancé de 19,18 points pour clôturer à 14 830,74 points, alors que la valeur boursière de Shopify s’approchait de 121,3 milliards, son titre ayant bondi de près de 7 %.

Six des onze secteurs de la Bourse de Toronto ont retraité mercredi, mais leurs baisses ont été contrebalancées par les gains des autres, notamment celui de 3,65 % du secteur des technologies de l’information, qui abrite notamment le titre de Shopify.

Le secteur de l’énergie est celui qui a enregistré la plus forte baisse, cédant 2,86 %, tandis que celui des matériaux a rendu 1,88 %.

Sur le marché des devises, le dollar canadien s’est négocié au cours moyen de 70,80 cents US, en baisse par rapport à son cours moyen de 71,27 cents US de la veille.

À la Bourse des matières premières de New York, le cours du pétrole brut a retraité de 87 cents US à 25,62 $ US le baril, tandis que celui de l’or a reculé de 22,10 $ US à 1691,90 $ US l’once. Le prix du cuivre a grimpé de 1,45 cent US pour se rapprocher de 2,35 $ US la livre.

Perte de vitesse

« Le marché semble être en perte de vitesse », indique Peter Cardillo de Spartan Capital Securities.

« Les nouvelles macroéconomiques sont très mauvaises avec les chiffres sur le secteur privé ce matin et, probablement, ceux sur l’emploi de vendredi », ajoute l’expert.

Le travail dans le secteur privé s’est effondré en avril, en raison des mesures de confinement pour endiguer la pandémie de nouveau coronavirus, avec 20 d’emplois perdus, selon l’enquête mensuelle de la firme de services aux entreprises ADP publiée mercredi.

Ces données préfigurent généralement le rapport mensuel sur l’emploi et le taux de chômage, que doit publier ce vendredi le ministère du Travail.

Les économistes anticipent 28 millions emplois perdus tous secteurs confondus.

« Je ne crois pas qu’on assistera à une ruée vers le marché actions » au cours des prochaines semaines, prédit M. Cardillo.  

Selon lui, les investisseurs « anticipent une reprise, mais sont en position d’attente et cherchent à savoir combien de temps cela va prendre. »

Le déconfinement se poursuit aux États-Unis, pays le plus touché par la pandémie avec près de 72 000 morts pour plus de 1,2 million de cas. La Californie doit notamment commencer à assouplir certaines mesures à la fin de la semaine.

GM limite la casse

Les résultats trimestriels des entreprises continuent par ailleurs d’animer la Bourse new-yorkaise.  

General Motors (GM), qui est parvenu à limiter les dégâts au premier trimestre en dégageant un bénéfice net de 247 millions de dollars, a dit espérer rouvrir ses usines aux États-Unis et au Canada le 18 mai. Son titre est monté de 2,96 %.  

Disney a, lui, estimé mardi soir à 1,4 milliard de dollars l’impact de la crise sanitaire sur ses activités de janvier à mars, dont 1 milliard en lien avec les seuls parcs d’attraction et croisières. L’action du groupe a baissé de 0,18 %.

L’éditeur américain de jeux vidéo Electronic Arts a déçu les investisseurs mardi soir avec des prévisions jugées trop faibles alors que le « Grand confinement » profite au secteur. À Wall Street, l’entreprise a perdu 3,59 %.

Parmi les autres valeurs du jour, Uber a reculé de 0,89 %. La plateforme de réservation de voitures avec chauffeur a annoncé la suppression de 3700 emplois mercredi, environ 14 % de ses effectifs, et son directeur général a renoncé à son salaire de base jusqu’à la fin de l’année.

Mardi, le procureur général de la Californie avait assigné en justice Uber et son concurrent Lyft (-2,10 %), les accusant de considérer leurs conducteurs comme des travailleurs indépendants et non des salariés, les privant de droits sociaux comme le salaire minimum ou l’assurance maladie.

Sur le marché obligataire, le taux à 10 ans sur la dette américaine progressait, s’établissant à 0,7046 % contre 0,6619 % mardi soir.