(New York) Les cours du pétrole ont fini en hausse lundi pour la quatrième séance de suite, profitant de l’entrée en vigueur en fin de semaine dernière de quotas de production des principaux pays exportateurs d’or noir.  

Agence France-Presse

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juillet s’est établi à 27,20 dollars à Londres, en hausse de 2,9 % ou 76 cents par rapport à la clôture de vendredi.

À New York, le baril américain de West Texas Intermediate (WTI) pour juin a gagné 3,1 % ou 61 cents, à 20,39 dollars.

Depuis vendredi et jusqu’à la fin juin, les membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et leurs principaux partenaires, réunis au sein de l’OPEP+, retirent du marché 9,7 millions de barils par jour (mbj) afin de stabiliser les prix.

Cette mesure exceptionnelle, qui doit être progressivement assouplie à partir de juillet, a pour but de soulager un marché asphyxié par une offre excédentaire et des stockages proches de la saturation avec la chute de la consommation liée à la pandémie de coronavirus.

« Le marché est aux prises avec une forte hausse de la production de l’OPEP “en avril, qui n’est pas vraiment une surprise, mais préfère miser sur un respect strict de l’accord historique de réduction », indique Robbie Fraser de Schneider Electric.

Hors de l’accord, les États-Unis ont pour leur part vu leur production diminuer pour la quatrième semaine de suite, selon les derniers chiffres publiés mercredi par l’Agence américaine d’information sur l’Énergie (EIA).

« Le forage continue de baisser fortement semaine après semaine, les gros producteurs ayant fait part de leur intention de réduire le nombre de leurs appareils de forage jusqu’à 75 %, ce qui suggère une poursuite de la chute de la production », analyse M. Fraser.

Toutefois, les prix du pétrole « restent sous pression en raison des inquiétudes concernant la demande et les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine », fait remarquer Al Stanton, de RBC.  

Après avoir déjà menacé la semaine dernière la Chine de taxes punitives, les États-Unis ont encore durci le ton dimanche, affirmant disposer d’un « nombre significatif de preuves » que le nouveau coronavirus provient d’un laboratoire de la ville de Wuhan, berceau de la pandémie.

La télévision publique chinoise a répondu lundi en qualifiant ces propos de « déments et imprécis ».

Cette théorie conspirationniste a été démentie à plusieurs reprises par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et de nombreux experts. Mais elle a été mise en avant avec insistance par l’administration du président américain Donald Trump, très critique sur la façon dont la Chine a géré l’épidémie depuis son apparition fin 2019 à Wuhan.

« Une éventuelle reprise des hostilités commerciales » entre Pékin et Washington « est la dernière chose dont les marchés du pétrole ont besoin en ce moment », estime Jeffrey Halley, de Oanda.