Chaque dimanche, nous braquons les projecteurs sur des éléments de l’actualité financière et boursière qui peuvent être utiles à l’investisseur, mais qui pourraient être passés sous le radar

Richard Dufour Richard Dufour
La Presse

Deux grandes institutions financières canadiennes ont retiré cette semaine leur recommandation d’achat sur le titre de Cascades.

« Ce fut une belle poussée, mais le moment est venu de laisser la place aux autres », dit Paul Quinn, chez RBC. Dans une note publiée jeudi, l’analyste souligne que la performance de l’action surpasse d’environ 40 % celle du principal indice de la Bourse de Toronto en 2020.

En début de semaine, Zach Evershed, de la Financière Banque Nationale, expliquait que l’appréciation du titre de Cascades cette année faisait en sorte que son cours cible était atteint. Il ne recommande ainsi plus l’achat en soulignant l’incertitude liée à la pandémie et la hausse des coûts de production.

Puisque beaucoup d’entreprises ont fermé leurs portes en Amérique du Nord depuis le début de la crise, le papier de bureau recyclé se fait plus rare, dit-il. « Cette situation a fait bondir les prix de 70 % depuis le 1er janvier, ce qui place les marges sous pression. »

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« Après un cycle de plus de 10 ans de hausse boursière, il y a beaucoup plus d’investisseurs qui se sont endettés pour acheter des titres en Bourse sur marge. Lorsqu’il y a une forte correction, un rappel de marge force les ventes. Les ventes forcées accentuent les baisses. Lorsqu’on comprend cela et qu’on est patient, on peut acheter ce qui nous semble exagérément bas avec plus de confiance », souligne Stéphane Préfontaine, de Préfontaine Capital, dans sa lettre trimestrielle.

Sysco, Medtronic et Brookfield Property Partners sont trois titres dans lesquels ce gestionnaire de portefeuille a investi au cours des dernières semaines.

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Canaccord a publié en milieu de semaine la liste de ses plus « chaudes » recommandations d’achat. Les suggestions sont divisées en deux catégories (« offensive » et « défensive ») pour offrir des choix tant aux investisseurs qui pensent que le creux a été atteint qu’à ceux qui s’attendent à ce que le marché chute de nouveau. Dans la catégorie « défensive », les titres québécois suggérés sont Marché Goodfood et WSP. Dans le camp « offensif », CAE est proposé.

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La Financière Banque Nationale a retiré vendredi sa recommandation d’achat sur le titre d’Air Canada. Cameron Doerksen estime que la pandémie et les consignes de distanciation physique vont « clouer au sol » le transport aérien international au moins jusqu’à l’automne. « Je m’attends donc à davantage de mauvaises nouvelles au cours des prochains mois, ce qui risque de limiter le potentiel à la hausse de l’action d’Air Canada à court terme », souligne l’analyste.

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« Le meilleur moment pour acheter quelque chose est généralement celui où personne n’en veut, souligne Claret dans sa lettre trimestrielle. Comme la plupart des investisseurs qui réussissent le mieux le savent, tout bon placement commence par un certain inconfort, peut-on lire. « Investir dans des certitudes relève de la chimère : si c’était possible, tout le monde serait riche. »

L’investissement n’est pas toujours une question de répartition d’actif, de choix entre actions et obligations, entre valeurs domestiques ou étrangères, grandes et petites capitalisations, ou croissance et valeur, mentionne Claret.

Attendre de toucher le fonds serait une mauvaise stratégie, car le fond, par définition, ne peut être reconnu qu’une fois atteint, indique-t-on. « Nous ne pouvons acheter les titres que nous voulons que lorsqu’ils sont soldés [c’est-à-dire que tout le monde veut les vendre]. L’objectif d’un investisseur doit consister à faire une succession de bons achats, et pas seulement quelques achats parfaits. »

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Il n’y a aucun doute que les marchés finiront par se redresser et retourneront vers de nouveaux sommets, affirme Martin Lalonde, de la firme Rivemont. « En ce moment, il est temps de faire preuve de patience. Pour ceux qui ont des économies, il s’agit d’un moment intéressant pour penser à les investir. Oui, il y a de l’incertitude et la pandémie pourrait décimer certaines industries, mais les valeurs des titres sont beaucoup plus basses dans tous les secteurs afin de refléter ces risques », souligne ce gestionnaire de portefeuille dans sa revue trimestrielle.

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Le franchiseur montréalais MTY est possiblement le titre en portefeuille chez Medici qui subit le choc le plus important. « Le principal risque porte sur la solidité financière de ses franchisés. Nombre d’entre eux, comme plusieurs restaurateurs en général d’ailleurs, n’ont pas les capacités financières leur permettant de composer avec des fermetures qui s’éterniseraient. Ajoutons à cela que MTY est le locataire de plusieurs emplacements dans les carrefours alimentaires et qu’elle sous-loue à ses franchisés. Si ceux-ci ne peuvent plus payer le loyer, les propriétaires se tourneront vers MTY. Nous croyons que la capacité bénéficiaire sera négativement affectée à la sortie de la crise, mais pas au point de justifier une baisse aussi importante du cours boursier », commentent les gestionnaires de Medici dans la lettre trimestrielle de la firme de Saint-Bruno.

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Pour les investisseurs qui sont capables de prendre des risques additionnels, notre suggestion est de commencer à graduellement acheter des actions, est-il souligné dans la revue des marchés publiés cette semaine par Gestion de portefeuille Landry. « Les Bourses remontent typiquement six mois avant la fin de la récession et le potentiel de rendement est de l’ordre de 15 % à 30 % d’ici 18 mois. Là où les occasions sont très intéressantes, c’est du côté des titres de valeur, car ceux-ci ont baissé de 35 % à 40 % jusqu’ici cette année et cette catégorie de titres était déjà peu dispendieuse avant la baisse. De plus, ce sont habituellement les titres de valeur qui performent le mieux au début d’une reprise. »

Les pétrolières font partie des titres de valeur en ce moment, est-il précisé, mais elles devraient être évitées d’abord parce que le risque à court terme est trop élevé et ensuite parce qu’il y a peu de potentiel à long terme.